Affichage des prix au restaurant : de la vitrine au site
La carte de la vitrine est à jour, celle de la salle aussi, mais celle du site date de la saison dernière : laquelle le client croira-t-il ? L'affichage des prix au restaurant obéit à des règles précises, qui valent d'abord pour la vitrine et la salle, et auxquelles le site gagne à rester fidèle. Mieux vaut vérifier les trois ensemble.
Ce que les textes demandent en vitrine et en salle
Un arrêté de 1987 fixe les règles d'information sur les prix dans les établissements qui servent des repas ou des boissons à consommer sur place. Dans les grandes lignes, à l'extérieur, la carte ou les menus proposés, ainsi que le prix de certaines boissons, doivent pouvoir être lus depuis la voie publique pendant le service. À l'intérieur, les mêmes documents sont tenus à la disposition des clients.
La carte de la vitrine est la première que le client voit, et celle de la salle la première qu'il tient en main : mettez-les à jour avant tout le reste.
Les prix s'entendent toutes taxes comprises et service compris : le prix annoncé est le prix payé, et les documents le mentionnent. Quand un menu ou une formule est proposé, la carte indique ce qu'il comprend, entrée, plat, dessert, boisson ou café, et ce qui reste en supplément.
Les détails, comme les périodes d'affichage, la taille des caractères ou la liste des boissons, se lisent dans les fiches de la DGCCRF sur economie.gouv.fr et dans les guides des CCI. Ils peuvent évoluer : vérifiez-les à la source avant de refaire vos supports.
Trois cartes, un seul prix
Votre carte existe à plusieurs endroits : en vitrine, en salle, sur le site, sur la fiche Google, parfois sur une plateforme de livraison ou derrière un QR code. Tous doivent afficher les mêmes plats aux mêmes prix. Un plat annoncé à un prix en ligne et facturé à un autre provoque une contestation à l'addition, puis un avis rarement indulgent.
Désignez un document de référence, celui à partir duquel tout le reste est mis à jour. À chaque changement de prix, la mise à jour se fait le même jour, avant le premier service : vitrine, salle, site, fiche Google, plateformes. La méthode, support par support, est décrite dans l'article sur l'augmentation des prix au restaurant.
Les écarts les plus fréquents
Les différences entre les cartes viennent le plus souvent des mêmes situations :
- une carte de vitrine plus ancienne que celle de la salle ;
- un PDF resté en ligne après la mise à jour du site ;
- une ancienne photo de carte, publiée par un client sur Google, qui montre d'anciens prix ;
- un supplément, comme une garniture ou un fromage, découvert à l'addition ;
- une formule dont les jours et les horaires ne figurent que sur l'ardoise ;
- des prix de livraison différents de ceux de la salle, sans aucune mention.
Ajoutez vous-même une photo de la carte actuelle sur Google, et préparez l'équipe de salle à renvoyer le client vers la carte à jour quand il cite un ancien prix.
Gardez une copie datée de chaque version de la carte, vitrine et site compris. En cas de litige sur un prix annoncé, vous retrouverez ce qui était affiché ce jour-là, et vous saurez à quelle date chaque support a été modifié.
Le site : mêmes prix, mêmes mentions, mise à jour rapide
Publiez la carte en texte, avec les prix, sur une page web. Un PDF ou une photo restent en ligne dans une ancienne version, alors qu'une page se corrige en une minute. Indiquez en haut de la carte que les prix s'entendent toutes taxes et service compris, avec le libellé que précisent les fiches de la DGCCRF, ainsi que la date de dernière mise à jour.
Pour chaque formule, précisez ce qu'elle comprend ainsi que les jours et les horaires où elle s'applique. Si vos prix à emporter ou en livraison diffèrent de ceux de la salle, écrivez-le sur chaque carte, et affichez le total à payer avant la validation d'une commande en ligne.
La lisibilité compte autant que l'exactitude : mêmes rubriques, mêmes noms de plats, prix à la même place. Les principes d'une carte qui se lit bien dehors, en salle et sur téléphone sont rappelés dans l'article sur la conception d'une carte de restaurant.
L'eau et les restes : des droits à rappeler avec prudence
Deux demandes de clients reviennent souvent, et les textes y répondent :
- L'eau : un repas peut en principe s'accompagner d'une carafe d'eau gratuite, et les restaurants doivent informer les clients de cette possibilité, sur la carte ou par un affichage ;
- Les restes : depuis juillet 2021, un restaurant doit en principe fournir, sur demande, un contenant réutilisable ou recyclable pour emporter ce qui n'a pas été consommé.
Une ligne sur la carte, du type « Carafe d'eau gratuite sur demande, contenants disponibles pour emporter vos restes », évite les discussions en salle. Les conditions exactes, y compris les exceptions éventuelles, se vérifient sur economie.gouv.fr ou auprès de votre CCI : écrivez seulement ce dont vous êtes certain.
Une vérification en quatre temps
- Faites le tour des supports qui affichent un prix : vitrine, salle, site, fiche Google, plateformes, QR code.
- Comparez-les plat par plat et corrigez les écarts le jour même.
- Lisez les fiches de la DGCCRF sur economie.gouv.fr pour l'affichage extérieur et intérieur, et notez ce qui manque chez vous.
- Si votre carte en ligne est encore une image ou un PDF, l'option menu digital coûte 100 € HT chez nous ; les autres options sont sur la page des tarifs.