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Heatmap : voir où cliquent les visiteurs de votre site

5 min de lecture

Le bouton « Réserver » trône en haut de votre page d'accueil, et pourtant les réservations n'arrivent pas. Les visiteurs le voient-ils, ou cliquent-ils ailleurs, sur une photo qui ne mène nulle part ? Une heatmap, ou carte de chaleur, répond à ces questions en colorant la page selon les endroits où l'on clique et où l'on s'arrête.

Ce que montre une heatmap

Une heatmap superpose à une page des couleurs chaudes, rouge ou orange, là où les visiteurs agissent le plus, et des couleurs froides là où il ne se passe rien. Les outils en proposent trois sortes :

  • la carte des clics : où l'on clique sur ordinateur, où l'on appuie sur téléphone ;
  • la carte de défilement : jusqu'où les visiteurs font descendre la page, avec la part de ceux qui atteignent chaque hauteur ;
  • la carte de mouvement : les déplacements de la souris, utiles surtout sur ordinateur.

Les mêmes outils proposent souvent des enregistrements de sessions : de courts films qui rejouent la visite d'une personne, avec ses clics, ses défilements et ses hésitations. Plus parlants, ils sont aussi bien plus intrusifs, ce qui change les précautions à prendre, comme on le verra plus bas.

Ce qu'on y lit sur un petit site

Une heatmap pose des questions avant de donner des réponses. Quelques lectures reviennent souvent sur les sites de commerces et d'indépendants :

  • Des clics sur ce qui n'est pas un lien : une photo, un titre souligné, une icône. Les visiteurs s'attendent à ce qu'ils mènent quelque part ; rendez-les cliquables ou changez leur aspect.
  • Un bouton principal peu cliqué : trop discret, trop bas, ou noyé parmi d'autres boutons. Déplacez-le, agrandissez-le, retirez les concurrents.
  • Une zone que presque personne n'atteint : sur la carte de défilement, la couleur devient froide avant vos tarifs ou votre numéro. Remontez ces éléments.
  • Des clics répétés au même endroit : un élément qui ne répond pas, comme un bouton cassé. Certains outils repèrent automatiquement ces clics répétés, qu'ils appellent « rage clicks ».
  • Un écart entre mobile et ordinateur : examinez chaque appareil à part, car les gestes et les écrans diffèrent.

La carte indique où les gens agissent, jamais pourquoi. Avant de modifier la page, confirmez votre hypothèse en observant de vrais clients ou en suivant les clics de vos boutons, comme le décrit l'article sur les statistiques d'un site internet. Une page vite quittée peut aussi avoir rempli son rôle, quand le visiteur a trouvé le numéro qu'il cherchait : l'article sur le taux de rebond aide à nuancer ce que vous observez.

Avant d'ouvrir une carte, écrivez la question à laquelle elle doit répondre. Sans question, on admire des couleurs et on ne change rien.

Le problème du faible trafic

Une carte de chaleur n'a de valeur que si assez de personnes ont visité la page. Sur un site qui reçoit quelques visites par jour, quelques clics suffisent à dessiner une grande tache rouge, qui aura disparu le mois suivant. Les tendances ne se stabilisent qu'au bout de plusieurs semaines, et plus vite sur la page d'accueil que sur une page secondaire.

Limitez-vous donc à une ou deux pages stratégiques, laissez l'outil collecter pendant un mois au moins et séparez toujours mobile et ordinateur. Si le trafic reste très faible, regarder quelques enregistrements apprend parfois plus qu'une carte presque vide, à condition que le consentement soit réglé. Considérez dans tous les cas ces résultats comme des pistes à confirmer.

Les outils : Clarity, Hotjar et les autres

Microsoft Clarity et Hotjar comptent parmi les outils les plus connus. Tous deux proposent des cartes de chaleur et des enregistrements de sessions, et s'installent en ajoutant un petit code à votre site, souvent grâce à une extension ou à un outil de gestion de balises. Leurs offres, leurs limites et leurs conditions d'utilisation changent régulièrement : lisez-les avant de choisir, en regardant notamment où les données sont hébergées et comment l'éditeur les utilise.

Chaque outil ajoute un script, qui peut alourdir un peu les pages et qui transmet des informations à un tiers. Si vous ne menez qu'un test de quelques semaines, retirez le script ensuite.

Consentement et données des visiteurs

Ces outils déposent des traceurs sur l'appareil du visiteur, et les enregistrements de sessions reconstituent son parcours. La CNIL a soumis à consultation publique, début 2026, un projet de recommandation sur les outils de rejeu de session : il pose le consentement préalable comme règle et écarte l'exemption prévue pour la simple mesure d'audience. Consultez cnil.fr pour connaître la version en vigueur avant de déployer l'outil.

Microsoft Clarity précise de son côté, dans sa documentation, qu'il ne dépose pas de cookies pour les visiteurs de l'Espace économique européen sans un consentement valide transmis par votre site.

En pratique, quatre réflexes s'appliquent, même pour de simples cartes de chaleur :

  • ne charger l'outil qu'après l'accord du visiteur, grâce à votre bandeau de consentement, dans les règles décrites par l'article sur le RGPD et les cookies d'un petit site ;
  • masquer les champs de formulaire et les zones sensibles : ces outils proposent un réglage de masquage, à vérifier avant le lancement, et les pages qui contiennent des données personnelles ou de santé sont à exclure ;
  • citer l'outil, sa finalité et la durée de conservation dans votre politique de confidentialité ;
  • ne pas réutiliser ces données pour de la publicité, et limiter l'accès aux enregistrements aux personnes qui en ont besoin.

Pour démarrer sans risque

  1. Écrivez la question posée à la carte, par exemple : le bouton de réservation est-il vu sur mobile ?
  2. Réglez d'abord le consentement et le masquage, puis activez l'outil sur une seule page pendant quelques semaines.
  3. Modifiez un seul élément, comparez avant et après, puis retirez l'outil si vous n'en avez plus l'usage. Si la page d'accueil doit être refaite, comparez les options et le prix dans le configurateur de devis.