Houzz : une vitrine utile pour les artisans et les architectes ?
Ouvrir un profil sur une plateforme, y publier trois photos, puis ne plus y revenir : l'erreur est courante. Houzz, qui rassemble des photos d'intérieurs, de jardins et de rénovations ainsi qu'un annuaire de professionnels de l'habitat, demande un peu plus d'attention pour en tirer quelque chose. Voici ce que la plateforme peut vous apporter, ce qu'elle demande en temps, et comment décider si elle mérite une place à côté de votre propre site.
Ce que Houzz propose aux professionnels
Les particuliers y parcourent des photos pour nourrir un projet de cuisine, de salle de bains, de rénovation ou de jardin, enregistrent celles qui leur plaisent, puis cherchent un professionnel. Architectes, architectes d'intérieur, cuisinistes, menuisiers, paysagistes, entreprises de rénovation : tous peuvent y créer un profil.
Un profil réunit en général une présentation, les métiers et la zone d'intervention, des photos de réalisations classées par projet, des avis de clients et un lien vers votre site. Selon les pays et les périodes, la plateforme propose aussi des options payantes de mise en avant et des outils de gestion de projets. Leurs conditions évoluent : demandez toujours le détail par écrit, la durée d'engagement et les modalités de résiliation avant de souscrire.
Où Houzz peut aider, et où il déçoit
Les atouts
- Un public qui prépare un projet : les visiteurs viennent chercher des idées de travaux ou de décoration, et certains en sont déjà à comparer des professionnels.
- Des photos montrées en grand : si vous possédez de beaux clichés de chantiers, ils sont mis en valeur dans un cadre pensé pour cela.
- Des avis publics, qui rassurent un client avant le premier contact.
- Une présence de plus : un profil complet peut ressortir quand on tape votre nom, et il renvoie vers votre site.
Les limites
- Des contacts de qualité inégale : une partie des visiteurs cherche surtout de l'inspiration, loin d'un projet ou de votre zone d'intervention.
- Une notoriété variable selon les régions et les métiers : demandez à vos derniers clients s'ils connaissaient la plateforme.
- Du temps à investir : photos, textes, réponses aux avis, mises à jour.
- Une audience qui appartient à la plateforme : si vous arrêtez ou si les règles changent, votre visibilité s'arrête aussi. Vos confrères y sont d'ailleurs présents, parfois avec une offre payante.
Le raisonnement rejoint celui de l'article sur les plateformes de mise en relation d'artisans : ce qui compte, c'est le coût réel d'un chantier signé.
Monter un profil soigné
- Les photos. Publiez des réalisations dont vous détenez les droits, avec l'accord des clients lorsqu'il s'agit d'un intérieur privé, sans adresse ni objet personnel visible. Si un photographe les a prises, vérifiez que sa licence autorise cet usage, et lisez les conditions de la plateforme sur les droits accordés aux images publiées.
- Les projets. Pour chacun, un titre précis, la ville, la demande, les contraintes, les matériaux et la durée. La méthode est détaillée dans l'article sur le portfolio en ligne.
- Les informations d'entreprise. Nom, adresse, téléphone et site identiques à ceux de votre fiche Google. Si votre métier impose une assurance, comme la garantie décennale pour des travaux de bâtiment, ne la mentionnez que si vous la détenez, avec son intitulé exact. Précisez aussi vos spécialités et votre zone d'intervention, pour répondre aux recherches des particuliers de votre secteur.
- Les avis. Demandez-les à de vrais clients, sans en acheter ni en faire écrire, et répondez à chacun avec courtoisie.
Si vous êtes architecte, renseignez-vous auprès de l'Ordre des architectes avant de choisir une option de mise en avant : la communication de la profession est encadrée par ses règles de déontologie.
Mesurer ce que la plateforme rapporte
Pendant trois mois, tenez un tableau des contacts : date, origine, type de projet, commune, budget annoncé, devis envoyé, chantier signé. Posez à chaque nouveau client la question « Comment m'avez-vous trouvé ? », y compris à ceux qui appellent directement. Ajoutez enfin à l'adresse du lien de votre profil vers votre site un paramètre de suivi, dit UTM : il permet de repérer dans vos statistiques les visites venues de la plateforme.
Au bout de trois mois, comptez les demandes, les devis et les chantiers signés, puis mettez en face le temps passé et, le cas échéant, les sommes versées. Ce calcul décide s'il faut garder le profil tel quel, passer à une offre payante ou arrêter. Évitez tout engagement long avant d'avoir ce recul.
Houzz et votre propre site
Votre site reste la base : vous y contrôlez les textes, les photos et les tarifs, et vos futurs clients vous y retrouvent par votre nom, vos réalisations et votre fiche Google. Houzz joue alors le rôle de vitrine complémentaire, avec un lien vers votre portfolio et votre formulaire de contact. Gardez les fichiers d'origine de vos meilleures photos et de vos textes, pour les réutiliser ailleurs le jour où la plateforme change ou disparaît.
Si vous n'avez pas encore de site, ou s'il ne montre pas vos réalisations, un site de cinq pages coûte 950 € HT chez nous, et une séance photo 300 € HT : le configurateur de devis calcule le total.
Avant d'ouvrir votre profil
- Demandez à vos cinq derniers clients s'ils ont consulté Houzz, et quelles autres plateformes ils ont utilisées.
- Parcourez les profils de vos confrères dans votre ville : ils montrent ce que vos futurs clients comparent.
- Choisissez cinq réalisations bien photographiées, avec l'accord des clients, et rédigez leur fiche.
- Notez la date d'ouverture du profil et prévoyez un bilan trois mois plus tard.