SEO & visibilité

Screaming Frog : l'audit technique de son site

5 min de lecture

Cliquer sur chaque lien de votre site pour repérer ceux qui ne mènent nulle part prend un après-midi, et l'on en oublie toujours. Screaming Frog fait ce travail en quelques minutes : ce logiciel parcourt vos pages comme le robot d'un moteur de recherche et dresse la liste de tout ce qu'il trouve. Sa version gratuite suffit pour la plupart des sites de commerçants et d'indépendants.

Ce que fait Screaming Frog

Le SEO Spider de Screaming Frog est un logiciel à installer sur votre ordinateur, sous Windows, macOS ou Linux. Vous lui donnez l'adresse de votre site, il suit les liens de page en page et note, pour chaque adresse rencontrée, son code de réponse, son titre, sa description, ses intertitres, son poids et bien d'autres informations. Ce parcours s'appelle une exploration, ou crawl en anglais. Les résultats prennent la forme de listes brutes, sans note globale ni commentaire : l'outil est précis, un peu austère au premier abord, et demande une lecture méthodique.

La version gratuite limite le nombre d'adresses explorées à chaque analyse. Les images et les fichiers techniques peuvent compter dans ce total, mais un site vitrine de quelques dizaines de pages reste en général en dessous. Plusieurs fonctions avancées sont réservées à la licence payante, dont la sauvegarde des analyses : exportez donc les résultats utiles avant de fermer le logiciel.

Lancer votre première analyse

  1. Téléchargez le logiciel sur le site officiel de Screaming Frog, et nulle part ailleurs.
  2. Saisissez l'adresse complète de votre page d'accueil, avec https, dans le champ prévu en haut de l'écran.
  3. Lancez l'exploration et attendez que la barre de progression arrive au bout.
  4. Parcourez les onglets et leurs filtres, puis exportez les listes utiles vers un tableur.

Sur un petit site, l'opération dure quelques minutes. Par défaut, le logiciel respecte le fichier robots.txt et explore à un rythme raisonnable ; si votre hébergeur bloque l'analyse, réduisez la vitesse dans les réglages. Pour une boutique en ligne très fréquentée, lancez-la plutôt en dehors des heures d'affluence.

Profitez-en pour tester l'adresse de votre site sans https, puis avec et sans www : chaque variante doit rediriger vers la version principale. Si deux versions s'affichent normalement, Google risque d'y voir deux sites identiques.

Les liens cassés et les redirections

Commencez par les codes de réponse, que le logiciel regroupe par famille :

  • les erreurs 4xx, dont la fameuse 404 : la page demandée n'existe pas ;
  • les redirections 3xx : l'adresse renvoie vers une autre ;
  • les erreurs 5xx : le serveur n'a pas su répondre, un problème à signaler à votre hébergeur s'il se répète.

Une adresse en erreur ne dit pas où se trouve le lien fautif. Sélectionnez-la, puis ouvrez dans le panneau du bas la liste des liens entrants : vous voyez quelles pages pointent vers elle, et avec quel texte. Corrigez le lien à la source, ou mettez en place une redirection si la page a changé d'adresse, selon la méthode décrite dans l'article sur les erreurs 404 et les redirections.

Repérez aussi les chaînes de redirection, où une adresse passe par plusieurs étapes avant d'arriver, et faites pointer vos liens directement vers la destination finale. Le logiciel signale enfin les liens vers d'autres sites qui ne répondent plus, comme la page d'un partenaire disparu ou un ancien profil sur un réseau social : retirez-les ou remplacez-les.

Titres, descriptions et intertitres

Les onglets consacrés aux titres de page et aux meta descriptions proposent des filtres très parlants :

  • les titres manquants, laissés vides par l'outil de création du site ;
  • les titres en double, souvent « Accueil » ou le seul nom de l'entreprise répété sur toutes les pages ;
  • les titres trop longs, qui risquent d'être coupés dans Google ;
  • les descriptions absentes ou identiques d'une page à l'autre ;
  • les pages sans titre principal H1, ou qui en comptent plusieurs.

Exportez la liste, ajoutez une colonne avec le nouveau titre prévu pour chaque page, puis faites les corrections dans l'outil de gestion de votre site. Sur WordPress, une extension de référencement permet en général de modifier titre et description page par page ; sur les outils de création en ligne, cherchez les réglages de référencement de chaque page. La méthode de rédaction est détaillée dans l'article sur la balise title et la meta description.

Doublons et autres signaux

Le logiciel repère aussi les pages dont le contenu est identique, ou presque, à celui d'une autre. Sur un petit site, elles viennent souvent d'une même page accessible par deux adresses, d'anciennes versions oubliées ou de pages de villes recopiées en changeant un mot. Fusionnez-les ou différenciez-les, comme l'explique l'article sur le contenu dupliqué.

Jetez enfin un œil à trois autres listes :

  • les pages marquées noindex, que Google ne doit pas afficher : vérifiez qu'aucune page importante n'y figure ;
  • les images trop lourdes, qui ralentissent le chargement sur mobile ;
  • les images sans texte alternatif, cette courte description utile aux personnes malvoyantes.

Ne cherchez pas à tout corriger d'un coup. Classez vos constats en trois groupes : ce qui bloque, comme une page de service en 404 ou en noindex ; ce qui gêne, comme des titres en double ; ce qui peut attendre.

Rangez chaque export dans un dossier daté. En comparant deux analyses à quelques mois d'intervalle, vous verrez tout de suite si une mise à jour du site a fait apparaître de nouvelles erreurs.

Pour passer à l'action

  1. Installez la version gratuite et lancez une première exploration de votre site.
  2. Corrigez cette semaine les erreurs 404 et les pages importantes marquées noindex.
  3. Réécrivez les titres manquants ou en double, puis relancez l'analyse un mois plus tard pour vérifier.
  4. Si vous préparez un nouveau site, demandez que ce contrôle fasse partie de la mise en ligne ; le configurateur de devis chiffre le projet selon vos options.