Axeptio : un bandeau cookies plus agréable, pour qui ?
Sur certains sites, le bandeau cookies recouvre la moitié de l'écran du téléphone, met « Accepter » en vert vif et cache « Refuser » derrière un lien minuscule. Axeptio met en avant des bandeaux soignés et personnalisables, mais un joli bandeau reste soumis aux mêmes règles que les autres. Que change cet outil, que laisse-t-il à votre charge, et pour quels sites est-il fait ?
Ce qu'est Axeptio
Axeptio est un outil français de gestion du consentement. Les professionnels parlent de CMP, pour « consent management platform ». Vous ajoutez à votre site un petit code ou une extension pour votre CMS ; l'outil affiche le bandeau, retient le choix du visiteur et indique aux autres outils du site s'ils ont le droit de démarrer.
Selon l'éditeur, ses atouts tiennent à quatre choses :
- le design : couleurs, polices, textes et position se règlent dans un éditeur sans code, pour que le bandeau reprenne le ton de votre marque ;
- la preuve : chaque choix est enregistré avec sa date, ce qui aide à démontrer que le consentement a bien été recueilli ;
- les connexions : des modules existent pour des outils courants de création de site et de boutique, comme WordPress, Shopify ou PrestaShop ;
- les autres documents : l'outil peut aussi recueillir l'acceptation de conditions générales, avec l'historique de leurs versions.
Ce que la CNIL exige, quel que soit l'outil
Aucun outil ne vous dispense des règles de la CNIL, résumées dans l'article sur le RGPD et les cookies d'un petit site. Passez votre propre bandeau en revue :
- aucun cookie soumis au consentement ne se dépose avant le choix du visiteur ;
- refuser est aussi simple qu'accepter, avec un bouton « Tout refuser » aussi visible que « Tout accepter » ;
- continuer à naviguer ou faire défiler la page ne vaut pas accord ;
- le visiteur peut changer d'avis à tout moment, par un lien qui reste accessible, en pied de page par exemple ;
- vous pouvez prouver le consentement recueilli ;
- le texte explique à quoi servent les cookies, en termes clairs.
Un bandeau très travaillé peut donc devenir non conforme : une couleur qui met en avant « Accepter », un « Refuser » presque invisible, un texte qui culpabilise. Le travail graphique porte sur les couleurs, les mots et la place du bandeau, et ne doit jamais rendre le refus plus difficile que l'acceptation.
Rédigez le texte du bandeau en deux phrases simples : ce que le site mesure ou affiche grâce aux cookies, et ce que le visiteur peut choisir. Un langage clair rassure davantage qu'un paragraphe juridique.
Ce qu'un bandeau ne fait pas tout seul
Un outil de consentement affiche et enregistre les choix ; le blocage réel des cookies dépend de l'installation. Un script de statistiques collé directement dans le code, une vidéo intégrée, une carte ou un pixel publicitaire doivent chacun être reliés à l'outil, sinon ils démarrent avant le choix du visiteur.
Un test simple suffit : ouvrez le site dans une fenêtre de navigation privée, cliquez sur « Tout refuser », puis regardez les cookies enregistrés dans les réglages du navigateur. Aucun cookie publicitaire ni de mesure soumis au consentement ne doit y figurer. Refaites ce test après chaque ajout d'outil sur le site.
Si le site utilise des outils de Google, comme les statistiques ou la publicité, le bandeau doit aussi leur transmettre le choix du visiteur : Google appelle ce mécanisme le « Consent Mode ». Demandez à votre prestataire de vérifier ce branchement.
Les alternatives, et le cas du site sans bandeau
Un site qui n'utilise que des cookies nécessaires et une mesure d'audience exemptée peut se passer de bandeau, comme l'explique l'article sur la mesure d'audience sans bandeau de cookies. Dans ce cas, aucun outil de consentement n'est nécessaire. Dès que vous ajoutez une vidéo intégrée, un pixel ou une carte qui dépose des cookies, la question revient, et plusieurs solutions existent :
- tarteaucitron, un script libre et français, gratuit dans sa version de base, qui demande davantage de réglages techniques ;
- Complianz et d'autres extensions WordPress, qui rassemblent bandeau, inventaire des cookies et pages légales dans le tableau de bord du site ;
- les bandeaux intégrés aux créateurs de sites et aux plateformes de boutique, rapides à activer et moins personnalisables ;
- d'autres plateformes de consentement, comme Didomi ou Cookiebot, aux fonctions et aux conditions variées.
Posez les mêmes questions à chaque solution : conserve-t-elle une trace datée des choix ? Le refus est-il aussi simple que l'acceptation dès l'installation ? Que devient le bandeau si vous arrêtez le service ? Où sont stockées les données des visiteurs ?
Pour qui Axeptio a du sens
Il convient aux sites qui doivent vraiment recueillir un consentement : publicité, pixels, statistiques non exemptées, vidéos et cartes qui déposent des cookies. Il intéresse davantage ceux qui tiennent à l'image de leur marque et à des preuves conservées par un tiers. Un petit site vitrine sans traceur n'en a pas besoin. Les formules de l'éditeur et leurs limites évoluent : lisez ce qu'elles incluent avant de vous engager, car ce coût s'ajoute à celui du site.
Vos vérifications avant d'installer
- Faites la liste des outils du site qui déposent des cookies : statistiques, vidéos, cartes, pixels, chat. Votre prestataire peut vous la fournir.
- Décidez si un bandeau est nécessaire, puis comparez deux ou trois solutions avec les questions ci-dessus.
- Après l'installation, testez en navigation privée avec « Tout refuser », et mettez à jour votre politique de confidentialité.
- Si vous faites créer un site, citez vos outils dans la demande de devis : chez nous, le bandeau cookies fait partie de chaque site livré.