Création & budget

Comprendre et comparer des devis de site internet

5 min de lecture

« Intégration responsive », « recette », « mise en production » : la deuxième page du devis ressemble à une notice technique, et le total ne dit pas ce qu'il couvre. Un devis de site internet se lit pourtant ligne par ligne, comme celui d'un cuisiniste ou d'un plombier. Une fois le vocabulaire traduit, deux offres deviennent comparables.

Chaque ligne, traduite en clair

Les intitulés varient d'un prestataire à l'autre, mais on retrouve presque toujours les mêmes postes :

  • Conception graphique ou maquette : le dessin des pages avant leur fabrication. Vérifiez combien de pages sont dessinées, souvent l'accueil et un modèle de page intérieure.
  • Intégration ou développement : la transformation de la maquette en site qui fonctionne. « Responsive » signifie que l'affichage s'adapte aux téléphones et aux tablettes.
  • Pages : leur nombre et leur nature. Une page « type » sert de gabarit à plusieurs pages au contenu différent.
  • Fonctionnalités : réservation, formulaire de devis, boutique, version anglaise. Demandez si chacune est développée pour vous ou fournie par un service extérieur payant.
  • Contenus : rédaction des textes, séance photo, ou simple « intégration des contenus fournis », ce qui veut dire que vous écrivez et que le prestataire met en page.
  • Référencement : de simples réglages techniques, ou un travail sur vos recherches locales et votre fiche Google.
  • Recette : la phase de vérification pendant laquelle vous testez le site avant sa mise en ligne.
  • Mise en production : la publication du site sur votre nom de domaine.
  • Gestion de projet : le temps consacré à organiser les échanges, les réunions et le suivi. Certains prestataires le répartissent dans les autres lignes.
  • Formation : sa durée, sa forme et ce qu'elle couvre.
  • Frais de mise en service : demandez à quoi ils correspondent exactement, car l'intitulé ne dit rien.
  • Hébergement, domaine et maintenance : vérifiez ce qui est compris la première année et ce qui sera facturé ensuite. La maintenance corrective répare ce qui ne marche plus, la maintenance évolutive ajoute des fonctions.

Regardez aussi l'unité. Un prix au forfait couvre un périmètre défini ; un prix en jours de travail reste une estimation, qui peut grimper si le projet déborde. Certains devis présentent aussi des options à cocher, comme une version anglaise ou une séance photo : vérifiez si le total les inclut ou non.

Les mentions qui protègent votre projet

Au-delà des lignes chiffrées, certaines informations doivent figurer dans le devis ou dans le contrat qui l'accompagne :

  • le délai de livraison, et ce dont il dépend de votre côté, comme la remise des textes ;
  • le nombre d'allers-retours prévus sur la maquette, puis sur le site terminé ;
  • la propriété : domaine à votre nom, droits sur le design, les textes et les photos, remise des fichiers ;
  • le caractère ferme ou estimatif du prix, la durée de validité du devis et l'échéancier de paiement ;
  • ce qui n'est pas compris, écrit clairement ;
  • les frais récurrents après la première année.

Vérifiez enfin les montants hors taxes et toutes taxes comprises. Un indépendant en franchise de TVA n'en facture pas ; si votre propre entreprise ne récupère pas la TVA, comparez les offres TTC. Les droits sur le site sont détaillés dans l'article sur la propriété de votre site internet.

Comparer deux devis, poste par poste

Comparer deux totaux n'a de sens qu'à contenu égal. Sur une feuille ou un tableur, créez une ligne par poste (pages, fonctions, contenus, référencement, formation, hébergement, maintenance, délai, allers-retours, propriété) et une colonne par devis. Remplissez chaque case avec ce qui est écrit, et seulement ce qui est écrit.

Les cases vides deviennent vos questions. Envoyez-les par écrit à chaque prestataire et demandez un devis mis à jour, plus fiable qu'une réponse orale. Ajoutez ensuite à chaque offre ce qui lui manque pour atteindre le même périmètre, en vous servant des tarifs indiqués par le prestataire lui-même.

Prenons un cas fictif. Le devis A, le moins cher, prévoit trois pages et l'intégration de vos textes ; le devis B, cinq pages et la rédaction. Une fois les deux pages manquantes et les textes ajoutés au premier, l'écart se resserre, et il peut même s'inverser. Si les deux devis ont été établis à partir du même cahier des charges, ce travail va beaucoup plus vite.

Prolongez ensuite la comparaison sur trois ans, en ajoutant l'hébergement, le domaine et la maintenance au prix de création. Une offre plus chère au départ peut coûter moins cher sur la durée, et inversement.

Les détails qui doivent vous alerter

  • Une seule ligne au nom flatteur, du type « pack premium », sans liste de pages ni de fonctions.
  • La totalité du prix exigée à la commande, avant même la première maquette.
  • Une « licence d'utilisation » à la place d'une cession de droits : vous louez le site sans jamais le posséder.
  • Des « à partir de » à chaque ligne, qui transforment le devis en simple estimation.
  • Un écart avec le rendez-vous : la réservation promise à l'oral n'apparaît nulle part.
  • Un document visiblement recopié, où traîne encore le nom d'un autre client.
  • Une identité incomplète : sans raison sociale, adresse et numéro SIRET, vous ne savez pas avec qui vous signez.

Un seul de ces signes ne condamne pas une offre : il appelle une question, et la réponse vous en apprendra beaucoup. Plusieurs à la fois justifient de chercher ailleurs.

Pour votre prochain devis

  1. Envoyez le même cahier des charges à deux ou trois prestataires et demandez des devis détaillés.
  2. Remplissez le tableau de comparaison et posez vos questions par écrit.
  3. Avant de signer, relisez les clauses du contrat de création de site, qui complètent le devis.
  4. Pour disposer d'un point de comparaison, notre configurateur de devis affiche le prix de chaque option, et le total est ferme.