Création & budget

Moodboard : montrer à son prestataire le style que l'on veut

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« Moderne », « chaleureux », « épuré » : ces mots reviennent souvent quand on décrit le site dont on rêve, et chacun les imagine à sa façon. Pour une fleuriste, « chaleureux » évoque du bois clair et des tons pastel ; pour son graphiste, peut-être du rouge brique et une police arrondie. Un moodboard, ou planche d'inspiration, remplace ces adjectifs par des images que l'on peut montrer du doigt.

À quoi sert une planche d'inspiration

Le moodboard rassemble sur une même surface des images qui expriment l'ambiance recherchée : captures de sites, photos, couleurs, polices, matières. Il se prépare avant la maquette, au moment où rien n'est encore dessiné et où changer de direction ne coûte presque rien.

Pour vous, il clarifie des goûts souvent flous. Pour votre prestataire, il évite de partir dans une direction que vous refuserez à la première présentation. Il nourrit aussi la discussion : devant une image, on sait dire ce qui plaît et ce qui gêne, bien plus facilement que devant une page blanche. Si vous êtes plusieurs associés à décider, construisez la planche ensemble : vos désaccords se régleront ainsi avant la première maquette.

Les éléments à rassembler

  • des sites que vous aimez, trois à cinq, pas forcément dans votre métier : un hôtel peut inspirer un salon de thé, une librairie un cabinet de conseil ;
  • des sites qui vous déplaisent, tout aussi utiles, car ils tracent les limites ;
  • des photos : votre lieu, vos produits, votre équipe, et quelques images d'ambiance trouvées ailleurs ;
  • des couleurs, relevées sur votre devanture, votre logo, vos emballages ou votre décoration ;
  • des polices, repérées sur une enseigne, un menu ou une couverture de livre ;
  • des matières : bois brut, papier kraft, céramique, métal, lin.

Une vingtaine d'éléments suffisent. Au-delà, les références se contredisent et la planche devient illisible : triez sévèrement. Pour transformer ensuite une impression de couleur en palette précise, appuyez-vous sur l'article consacré aux couleurs et typographies d'un site.

Les photos de votre lieu et de votre travail serviront de toute façon au site lui-même. L'article sur la préparation des textes et des photos aide à les réunir sans y passer des semaines.

Dire pourquoi, image par image

Une image seule laisse place à l'interprétation. Le graphiste ne sait pas si vous aimez ce site pour sa grande photo d'accueil, pour sa police ou pour son ton décontracté. Ajoutez sous chaque élément une phrase courte, par exemple :

« J'aime la grande photo plein écran et le peu de texte en haut de page. Je n'aime pas le menu caché derrière une icône. »

Faites de même pour les sites qui vous déplaisent : « trop chargé », « couleurs trop froides pour une boulangerie », « on ne trouve pas le téléphone ». Ces remarques comptent souvent davantage que les compliments, car elles désignent des erreurs à éviter.

Relier la planche à vos clients et à votre lieu

Un moodboard reflète vos goûts, alors que le site s'adresse à vos clients. Avant de l'envoyer, relisez-le avec leurs yeux : une clientèle familiale, des cadres pressés ou des touristes de passage n'attendent pas la même chose. Si votre bistrot mêle bois patiné et nappes à carreaux, un site futuriste en noir et néon créera un décalage dès l'arrivée.

Le site prolonge votre enseigne. Placez sur la planche des photos de votre devanture, de votre salle ou de votre atelier, pour que le prestataire parte de ce que vos clients connaissent déjà. Ajoutez enfin trois adjectifs que vos clients emploieraient pour décrire votre maison, et comparez-les aux vôtres.

Deux types de références méritent de la prudence. Les sites de grandes marques reposent sur des moyens photo et vidéo hors de portée d'un petit budget : retenez leur esprit, sans espérer le même rendu. Le site d'un concurrent direct, lui, risque de vous enfermer dans une imitation, alors que vos clients doivent vous reconnaître au premier coup d'œil.

Les outils, et ce qu'en fait le graphiste

Des outils simples

Un dossier partagé rempli de captures, une présentation de quelques diapositives, un tableau blanc en ligne ou un tableau Pinterest font l'affaire. Le papier fonctionne aussi : photos imprimées, échantillons de tissu et pages de magazine collés sur une feuille, puis photographiés. L'outil compte peu, du moment que chaque image est visible et commentée.

Ce que le prestataire en tire

Le graphiste cherche les points communs entre vos références : la place laissée au blanc, la taille des photos, le style des titres, la tonalité des couleurs. Il en déduit une direction, qu'il traduit en palette, en polices et en principes de mise en page, puis vous la présente sous forme de maquette. La planche sert de boussole : copier un site existant poserait d'ailleurs un problème de droits d'auteur.

Le jour de la présentation, posez la maquette à côté de votre planche et vérifiez que l'ambiance s'y retrouve. La méthode pour formuler des retours utiles est détaillée dans l'article sur la validation d'une maquette.

Votre planche en une semaine

  1. Pendant quelques jours, faites une capture de chaque site, photo ou affiche qui vous arrête, et de ceux qui vous agacent.
  2. Gardez une vingtaine d'éléments, et écrivez sous chacun une phrase qui explique votre choix.
  3. Ajoutez des photos de votre lieu, vos couleurs actuelles et les adjectifs de vos clients, puis envoyez le tout avant le premier rendez-vous. Si vous partez de zéro, l'option logo et identité visuelle coûte 200 € HT chez nous ; la grille des tarifs présente aussi les autres options.