Création & budget

PrestaShop : la bonne base pour une petite boutique en ligne ?

5 min de lecture

« PrestaShop est gratuit » : la phrase est exacte, puisque le logiciel se télécharge sans rien payer. Elle passe pourtant sous silence tout ce qu'il faut ajouter pour en faire une boutique qui vend : un hébergement, des modules, des mises à jour et quelqu'un pour s'en occuper. Avant de choisir PrestaShop pour une petite boutique en ligne, mieux vaut connaître son coût complet, en argent comme en temps.

Un logiciel libre, à installer chez un hébergeur

PrestaShop est une solution de commerce en ligne open source, c'est-à-dire un logiciel dont le code est public, libre d'utilisation et modifiable. Créé en France, il bénéficie d'une large communauté francophone et de nombreux prestataires qui le connaissent. Contrairement à Shopify, où il suffit d'ouvrir un compte, il s'installe dans sa forme habituelle sur un hébergement que vous louez, avec votre nom de domaine.

Dès l'installation, il couvre les fonctions centrales d'une boutique : catalogue, déclinaisons de produits par taille ou par couleur, gestion du stock, transporteurs et frais de port, codes de réduction, comptes clients, plusieurs langues et devises. L'apparence dépend d'un thème, et l'administration, appelée back-office, se gère en français.

Les modules, une richesse qui a un prix

Les modules sont des extensions qui ajoutent des fonctions : paiement, étiquettes d'expédition, avis clients, relance des paniers abandonnés, liaison avec la comptabilité, outils de référencement. Ils sont proposés sur la place de marché officielle de l'éditeur et par des développeurs indépendants. Certains sont gratuits, beaucoup sont payants, et leur qualité varie.

Chaque module crée aussi une dépendance : il doit rester compatible avec votre version de PrestaShop et avec les autres modules, être suivi par son auteur et ne pas ralentir la boutique. Un module abandonné peut devenir une faille de sécurité ou bloquer une future mise à jour. Avant chaque achat, regardez qui l'édite, la date de sa dernière mise à jour, les versions compatibles et ce que comprend son prix dans la durée.

Tenez une liste de vos modules avec, pour chacun, son éditeur, sa date d'achat, son rôle et la personne qui l'a installé. Le jour d'une mise à jour ou d'un changement de prestataire, cette liste fait gagner des heures.

Hébergement, mises à jour et maintenance

Un hébergement adapté

Une boutique sollicite davantage son serveur qu'un site vitrine : recherches dans le catalogue, paniers, paiements, pics de visites pendant les soldes ou avant Noël. Choisissez un hébergement compatible avec la version de PrestaShop utilisée, avec des sauvegardes automatiques et une assistance joignable. Les hébergeurs dont les offres sont pensées pour le commerce en ligne le signalent en général clairement.

Des mises à jour régulières

Le logiciel, le thème et les modules reçoivent des correctifs, dont certains touchent à la sécurité. Les petites mises à jour s'appliquent assez facilement ; un changement de version majeure demande davantage de travail, car le thème et les modules doivent suivre. Chaque intervention commence par une sauvegarde, et les plus lourdes se testent d'abord sur une copie de la boutique.

Qui s'en charge

Vous-même, si vous êtes à l'aise avec l'informatique, ou un prestataire dans le cadre d'un contrat de maintenance. Décidez-le avant l'ouverture, car une boutique laissée sans suivi vieillit vite. L'article sur la maintenance d'un site internet détaille ces tâches et leur répartition.

PrestaShop, Shopify ou WooCommerce : à qui convient-il ?

Shopify est une plateforme hébergée : pas de maintenance technique, un abonnement et des applications à ajouter, moins de liberté. WooCommerce transforme un site WordPress en boutique, ce qui convient à qui publie aussi beaucoup de contenus. Le comparatif Shopify ou WooCommerce les présente en détail. PrestaShop, logiciel entièrement dédié à la vente, se défend dans d'autres cas :

  • un catalogue de plusieurs centaines de références, avec de nombreuses déclinaisons ;
  • des besoins précis : plusieurs langues, ventes aux professionnels, règles de livraison complexes ;
  • un prestataire qui connaît bien l'outil et assure le suivi ;
  • l'envie de garder la main sur les fichiers et les données de la boutique.

Pour une vingtaine de produits, ou une vente surtout tournée vers le retrait en magasin, il se révèle souvent surdimensionné. L'article sur la boutique en ligne à petit budget aide à cerner ce qui suffit au lancement.

Le coût complet, poste par poste

Pour comparer honnêtement, listez tout ce que la boutique coûtera sur trois ans, même sans chiffre précis au départ :

  • l'hébergement et le nom de domaine, chaque année ;
  • le thème, s'il est payant, et son adaptation à votre image ;
  • les modules, à l'achat, puis éventuellement pour prolonger leur suivi ;
  • les frais du prestataire de paiement sur chaque vente ;
  • la maintenance, sous contrat ou prise sur votre temps ;
  • les développements sur mesure et le passage aux versions majeures ;
  • la saisie et la mise à jour du catalogue : fiches, photos, stocks.

Faites chiffrer chaque ligne par les prestataires consultés, puis comparez avec les autres solutions. Pour vous situer, notre agence réalise un site e-commerce pour 1 500 € HT, prix ferme, en quatre semaines environ, avec les options listées sur la page des prix.

Pour décider

  1. Comptez vos produits, leurs déclinaisons, vos langues et vos modes de livraison : si la liste est courte, regardez d'abord les solutions plus légères.
  2. Demandez à chaque prestataire la liste des modules prévus, avec leur éditeur et leur coût, ainsi que le nom de la personne qui fera les mises à jour.
  3. Testez l'outil sur une installation d'essai avec une dizaine de produits avant d'importer tout votre catalogue.