Création & budget

Sauvegarder son site : qui s'en charge et comment vérifier

5 min de lecture

Lundi matin, une mise à jour s'est mal passée et votre site n'affiche plus qu'une page blanche. Votre prestataire pose aussitôt la question qui fâche : « Avez-vous une sauvegarde récente ? » Vous pensiez que l'hébergeur s'en chargeait ; encore faut-il savoir ce que contient la sauvegarde de votre site internet, où elle se trouve et si quelqu'un sait la restaurer.

Le contenu d'une sauvegarde complète

Un site ne se résume pas à ses pages visibles. Pour le remettre en état après une panne, une erreur ou un piratage, plusieurs éléments doivent être copiés :

  • les fichiers : le code du site, le thème, les extensions, les images et les documents mis en ligne, comme un menu en PDF ;
  • la base de données, quand le site en utilise une : textes des pages, réglages, comptes, commandes et messages reçus par formulaire ;
  • les e-mails, souvent stockés séparément du site, chez l'hébergeur ou un fournisseur de messagerie, et pas toujours inclus dans sa sauvegarde ;
  • les informations du domaine : le bureau d'enregistrement, la date d'expiration et une copie de la zone DNS, ces réglages qui relient le domaine au site et à la messagerie ;
  • la liste des accès : hébergement, administration, domaine, outils reliés au site.

Pensez aussi aux données qui vivent dans des outils extérieurs : réservations, abonnés à la newsletter, commandes passées par un module de paiement. Ces outils proposent souvent un export, à télécharger de temps en temps.

À quel rythme sauvegarder

La bonne fréquence dépend de la vitesse à laquelle votre site change. Posez-vous la question à l'envers : combien de travail accepteriez-vous de perdre ?

  • un site vitrine modifié quelques fois par an peut se contenter d'une sauvegarde régulière, complétée par une copie après chaque modification importante ;
  • un site qui reçoit chaque jour des réservations, des messages ou des commandes demande une sauvegarde quotidienne de sa base de données ;
  • toute mise à jour technique mérite une sauvegarde juste avant, pour revenir en arrière si elle casse quelque chose.

La durée de conservation compte autant que la fréquence. Si chaque nouvelle copie écrase la précédente, une erreur découverte au bout de dix jours se retrouve dans toutes vos sauvegardes. Gardez un historique de plusieurs semaines, par exemple des copies quotidiennes pour les derniers jours et hebdomadaires au-delà. Un piratage repéré tardivement illustre bien ce risque, comme le montre l'article sur la prévention et la gestion d'un site piraté.

Des copies rangées hors du serveur

Une sauvegarde stockée sur le même serveur que le site disparaît avec lui en cas de panne matérielle, d'incendie dans le centre de données ou de suspension du compte. Au moins une copie doit donc se trouver ailleurs : chez un autre prestataire de stockage, dans un autre centre de données ou sur un support qui vous appartient.

Une règle répandue chez les informaticiens résume la démarche : trois copies des données, sur deux supports différents, dont une conservée hors du lieu principal. Pour un petit site, elle peut se traduire par les sauvegardes automatiques de l'hébergeur, complétées par une copie complète que vous récupérez quelques fois par an sur un disque ou un stockage en ligne à votre nom.

Ces copies contiennent des données de vos clients. Protégez-les comme le site lui-même, avec un accès limité et, si possible, un chiffrement, qui rend le fichier illisible sans mot de passe. Supprimez ensuite les plus anciennes quand elles ne servent plus.

Tester une restauration au moins une fois

Une sauvegarde n'a de valeur que si elle se restaure. Il arrive qu'une copie soit incomplète, qu'il y manque la base de données, ou que personne ne connaisse la procédure le jour où il faut agir. Le seul moyen de le savoir est d'essayer avant la panne.

Demandez à votre prestataire ou à votre hébergeur de restaurer une sauvegarde sur une adresse de test, une fois par an ou après un changement important. Vérifiez que le site s'affiche, que les dernières modifications sont présentes et que l'administration fonctionne. Notez le temps qu'a pris l'opération : il donne une idée de la durée pendant laquelle votre site resterait hors ligne en cas de vrai problème.

Face à un site soudain inaccessible, restaurer n'est d'ailleurs pas toujours le premier geste : l'article sur les réflexes face à un site inaccessible aide à confirmer la panne et à en trouver la cause.

Qui s'en charge vraiment

L'hébergeur

Beaucoup d'offres d'hébergement incluent des sauvegardes automatiques. Lisez leurs conditions : durée de conservation, modalités de restauration, éléments couverts. Il arrive que le contrat précise que ces copies sont fournies sans garantie et que la sauvegarde des données reste à la charge du client.

Le prestataire

Si un prestataire gère votre site, la sauvegarde fait souvent partie du contrat de maintenance, présenté dans l'article sur la maintenance d'un site internet. Faites préciser par écrit ce qu'il sauvegarde, à quel rythme, à quel endroit, et comment vous obtenez une copie si vous vous séparez.

Vous

Même quand tout est délégué, gardez la main sur deux points : savoir où se trouvent les copies et en détenir une récente. Sur un créateur de sites comme Wix ou Squarespace, la plateforme gère l'infrastructure, et vos possibilités de copie dépendent de ce qu'elle propose : consultez son centre d'aide pour le savoir.

Le contrôle à faire dès cette semaine

  1. Demandez à votre hébergeur ou à votre prestataire ce qui est sauvegardé, à quelle fréquence, pendant combien de temps et à quel endroit.
  2. Faites restaurer une copie sur une adresse de test, et notez le temps nécessaire.
  3. Téléchargez une sauvegarde complète ainsi que les exports de vos outils extérieurs, et rangez-les dans un espace à votre nom.
  4. Si vous préparez un nouveau site, posez ces mêmes questions avant de signer, dès votre demande dans le configurateur de devis.