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Illustrateur : un portfolio qui attire les commandes que vous aimez

5 min de lecture

Une éditrice jeunesse cherche une illustratrice pour un album. Sur votre site, elle trouve pêle-mêle des logos, des portraits d'animaux, des affiches de concert et deux pages d'album perdues au milieu. Un illustrateur dont le portfolio mélange tout reçoit des demandes de tout, et rarement celles qu'il espérait.

Un portfolio rangé par type de commande

Vos visiteurs arrivent avec un besoin précis : illustrer un album, une couverture de magazine, un emballage, une campagne, un faire-part. Rangez votre travail selon ces débouchés, avec des rubriques claires :

  • édition : albums jeunesse, couvertures, romans graphiques ;
  • presse et magazines ;
  • communication et packaging pour les entreprises ;
  • illustration scientifique ou pédagogique, si vous en faites ;
  • commandes de particuliers : portraits, faire-part, cartes ;
  • projets personnels, présentés comme tels.

Mettez en avant ce que vous voulez faire davantage, et retirez ce qui ne vous ressemble plus. Les principes de tri et de légende sont détaillés dans l'article sur le portfolio en ligne ; pour un illustrateur, deux points comptent particulièrement.

Des séries complètes

Un éditeur veut savoir si vous tenez un personnage sur trente pages, avec la même allure sous tous les angles. Une série d'images issues d'un même projet le prouve mieux qu'une collection d'images isolées, aussi spectaculaires soient-elles.

Les étapes d'une image

Montrez quelques étapes d'une même illustration, du crayonné, ce premier dessin rapide qui sert à valider la composition, jusqu'à la version finale. Le client qui n'a jamais commandé d'illustration comprend ainsi à quel moment il pourra donner son avis.

Deux publics, deux parcours

Une agence de communication et un couple qui prépare son faire-part n'ont ni les mêmes questions ni le même vocabulaire. Séparez-les dès la page d'accueil, avec deux entrées : l'une pour les professionnels, avec vos références, vos délais et un formulaire de brief ; l'autre pour les particuliers, avec des exemples, des prix de départ et un formulaire simple.

Aux professionnels, demandez le type de projet, l'usage prévu, le nombre d'images, le format, l'échéance et une fourchette de budget. Aux particuliers, l'occasion, la date à respecter, le format souhaité et, pour un portrait, les photos à fournir. Annoncez dans les deux cas votre délai de réponse et votre prochaine disponibilité.

Pour les éditeurs et les agences, proposez aussi un portfolio en PDF léger, à télécharger depuis votre site : un directeur artistique pourra le transmettre en interne sans recopier une série de liens.

Tarifs et droits, en langage clair

Le client qui commande une illustration découvre parfois que son prix couvre deux choses : la création elle-même et le droit de l'utiliser. En tant qu'auteur, vous détenez des droits sur vos images. Le contrat ou le devis précise donc par écrit ce que le client pourra en faire : sur quels supports, dans quels pays, pendant combien de temps. Une affiche locale diffusée un mois n'appelle pas les mêmes conditions qu'un emballage vendu dans plusieurs pays.

Expliquez ensuite ce qui fait varier vos prix :

  • le nombre d'images et leur complexité, d'une vignette en noir et blanc à une scène en couleur ;
  • l'usage prévu et l'étendue de la diffusion ;
  • l'exclusivité éventuelle et la durée de la cession ;
  • le délai, quand il oblige à bousculer votre planning.

Pour les particuliers, un prix de départ par format suffit souvent. Dans l'édition, la rémunération prend en général la forme de droits proportionnels aux ventes, souvent avec une avance appelée à-valoir. Le détail figure dans vos conditions générales, que l'article sur les CGV d'un prestataire de services aide à structurer avant une relecture par un juriste.

Le déroulé d'une commande

Décrivez les étapes de votre travail, avec ce que vous attendez du client à chacune d'elles :

  1. l'échange sur le brief, par écrit ou en visio, puis le devis ;
  2. l'acompte, qui réserve votre temps ;
  3. les crayonnés, avec le nombre de propositions et de séries de retouches compris ;
  4. l'encrage ou la mise en couleur, après validation ;
  5. la livraison des fichiers, aux formats et à la résolution adaptés à l'usage.

Précisez ce qui se passe au-delà des retouches prévues, et ce que devient l'original lorsque vous travaillez sur papier.

Boutique de tirages et réseaux sociaux

Vos images peuvent aussi se vendre directement : tirages d'art, cartes, affiches, parfois des originaux. Une petite boutique sur votre site présente chaque article avec son format, son papier, son procédé d'impression, son prix et son délai d'envoi. Si vous proposez des tirages limités, indiquez le nombre d'exemplaires, numérotés et signés, et tenez-vous-y. Une place de marché peut compléter cette boutique, avec ses atouts et ses contraintes, présentés dans l'article sur la vente sur Etsy.

Instagram et les autres réseaux montrent votre travail au fil de l'eau ; votre site, lui, accueille un portfolio classé dont vous gardez la maîtrise. Utilisez les réseaux comme des vitrines qui renvoient vers ce site, sur lequel vous annoncerez aussi les salons, festivals et séances de dédicace où l'on peut vous rencontrer. Publiez-y des images en résolution adaptée à l'écran, avec votre nom dans le nom du fichier et un texte alternatif descriptif, qui aide les moteurs de recherche à comprendre vos images et les rend accessibles.

Dès cette semaine

  1. Rangez votre portfolio par type de commande et gardez, pour chaque rubrique, vos images les plus fortes.
  2. Ajoutez au moins une série complète et les étapes d'une illustration, du crayonné à la version finale.
  3. Rédigez une courte rubrique sur vos tarifs et la cession de droits, puis faites relire vos conditions.
  4. Portfolio seul ou portfolio avec boutique de tirages : chez nous, le premier tient dans un site de cinq pages à 950 € HT, le second dans un site e-commerce à 1 500 € HT, deux formules à comparer sur la page des tarifs.