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Web designer freelance : un site qui prouve son savoir-faire

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Un boulanger peut avoir un site vieillot et vendre d'excellents croissants. Un web designer freelance n'a pas cette chance : son site est la première réalisation que le prospect examine, et il la juge avec les critères qu'il appliquera ensuite au sien. Avant même d'ouvrir un projet du portfolio, ce visiteur a déjà jugé la vitesse de chargement, la lisibilité sur mobile et la clarté de votre offre.

Votre site, première pièce du portfolio

Sans rien auditer, le prospect remarque tout ce qui le gêne. Une page qui met plusieurs secondes à s'afficher, un texte gris clair sur fond blanc, un menu caché derrière une animation : chaque défaut annonce ce qu'il risque de recevoir. Avant de retoucher vos projets, parcourez donc votre propre site sur un téléphone d'entrée de gamme, avec les yeux d'un client pressé. Quelques points se contrôlent en une heure :

  • le temps de chargement et le poids des images, notamment les grands visuels de projets ;
  • les contrastes, la taille des textes et la navigation au clavier, qui conditionnent l'accessibilité du site aux personnes handicapées ;
  • les titres de pages et les descriptions qui apparaissent dans Google ;
  • les liens cassés vers d'anciens projets ou des sites clients qui ont changé d'adresse ;
  • le formulaire de contact, testé depuis plusieurs appareils.

Méfiez-vous aussi de la démonstration. Des effets au défilement, un curseur personnalisé ou une vidéo plein écran séduisent parfois d'autres designers ; un artisan ou une PME y verra surtout un site lent et difficile à parcourir. Un site sobre et rapide montre que vous concevez d'abord pour les visiteurs de vos futurs clients.

Des projets racontés, captures à l'appui

Pour un site, le résultat final ne suffit pas : le prospect veut comprendre d'où vous êtes parti. Une refonte se montre avec des captures de l'ancien site et du nouveau, sur ordinateur et sur mobile. Un site créé de zéro se raconte par ses étapes : l'arborescence (le plan des pages), les premières esquisses, le parcours imaginé pour le visiteur, puis les pages finales.

Pour choisir vos projets et raconter chacun d'eux, les conseils donnés aux graphistes valent aussi pour vous : voyez l'article sur le portfolio d'un graphiste freelance. Le web ajoute trois précautions :

  • datez vos captures : un site livré évolue, et le client a pu le modifier depuis, parfois au détriment de votre travail ;
  • renvoyez vers le site en ligne seulement s'il reflète encore ce que vous avez conçu, et avec l'accord du client ;
  • ne publiez de résultats chiffrés que s'ils viennent du client et qu'il accepte leur diffusion.

Les concepts et projets personnels

Au début d'une activité, les projets clients manquent. Un concept, comme la refonte imaginaire du site d'une association locale, peut montrer votre démarche, à condition d'être présenté comme tel. Évitez en revanche de redessiner le site d'une grande marque en laissant croire qu'elle vous l'a commandé.

Votre méthode et le périmètre de votre travail

Web designer, développeur, intégrateur, agence : pour un client, ces mots se mélangent. Dites clairement ce que vous faites et ce que vous confiez à d'autres. Concevez-vous seulement les maquettes, qu'un développeur transformera ensuite en site, ou livrez-vous un site en ligne ? Qui rédige les textes, qui fournit les photos, qui s'occupe de l'hébergement et du nom de domaine ?

Décrivez ensuite votre déroulé : premier échange, recueil du besoin, arborescence, maquettes, séries de corrections comprises, développement ou passage de relais, tests, mise en ligne. Ajoutez un délai indicatif par type de projet. Une question revient presque toujours : « Pourrai-je modifier mon site moi-même ? » Répondez-y en nommant l'outil utilisé et en précisant si une prise en main est prévue à la livraison.

Offres et prix : donner des repères

Faute d'indication de prix, un prospect hésite à écrire, de peur de perdre son temps ou de se sentir engagé. Sans publier une grille complète, donnez des repères : un prix de départ pour une page unique, un site vitrine ou une refonte, et les éléments qui le font varier, comme le nombre de modèles de pages, la rédaction, les langues ou une boutique en ligne. Notre agence affiche par exemple des forfaits fixes sur sa page des tarifs : c'est une manière parmi d'autres d'aborder la question.

Précisez aussi les modalités : acompte à la commande, échéancier pour les projets longs, cession des droits sur les maquettes, maintenance proposée ou non après la mise en ligne. Si vous travaillez en sous-traitance pour des agences, indiquez votre tarif journalier ou invitez-les à vous écrire, en rappelant votre engagement de confidentialité.

Des témoignages que l'on peut vérifier

Un avis anonyme, signé d'un simple prénom, ne convainc pas grand monde. Publiez le nom, la fonction et l'entreprise de la personne, avec son accord, et un lien vers le site concerné quand c'est possible. Les témoignages les plus utiles parlent de la collaboration : écoute, respect du calendrier, clarté des échanges, autonomie du client après la livraison. La façon de les recueillir et de les publier honnêtement fait l'objet de l'article sur les témoignages clients.

Le formulaire de contact prolonge ce travail de confiance. Demandez le type de projet, l'adresse du site actuel s'il existe, l'échéance, une fourchette de budget et deux ou trois sites appréciés. Vous préparez ainsi un premier échange concret, et le prospect constate que vous savez poser les bonnes questions.

Votre feuille de route

  1. Parcourez votre site sur un téléphone modeste et corrigez d'abord la vitesse, les contrastes et le formulaire.
  2. Réécrivez vos trois meilleurs projets avec des captures datées, avant et après.
  3. Publiez une page qui décrit votre méthode, votre périmètre et vos délais.
  4. Demandez à trois anciens clients un témoignage signé sur votre façon de travailler.