TheFork (LaFourchette) : faut-il y inscrire son restaurant ?
Un conseiller est passé présenter l'offre entre deux services, ou une proposition de partenariat attend dans votre boîte mail. Avant d'inscrire votre restaurant sur TheFork, l'ancienne LaFourchette, une question mérite d'être tranchée à tête reposée : ce que la plateforme vous apportera couvre-t-il ce qu'elle vous coûtera ? La réponse dépend surtout de votre salle, de votre clientèle et de vos services creux.
Ce que la plateforme peut apporter
TheFork fonctionne comme une place de marché de la réservation : ses utilisateurs y cherchent une table par quartier, type de cuisine, date ou disponibilité, puis réservent sans appeler. Y figurer vous rend visible auprès de personnes qui ne vous connaissent pas encore. Les restaurants partenaires disposent aussi d'un outil pour gérer leurs réservations ; son contenu dépend de l'offre souscrite, à faire préciser par le conseiller.
Si vous notez encore vos réservations dans un cahier, cet outil peut le remplacer. Si vous utilisez déjà un logiciel, demandez comment les deux cohabiteraient, et lequel ferait foi en cas de doute sur une table.
Les situations où l'apport compte
La visibilité supplémentaire pèse davantage dans certains cas :
- un restaurant qui vient d'ouvrir et doit se faire connaître ;
- une adresse dans un quartier fréquenté par des visiteurs de passage ;
- une salle qui reste à moitié vide certains jours de semaine ;
- une équipe qui n'a pas le temps de répondre au téléphone pendant le service.
À l'inverse, un restaurant complet chaque soir grâce à ses habitués a moins à y gagner : la plateforme risque surtout d'enregistrer des réservations de clients qui vous auraient trouvé sans elle. Un module de réservation sur son propre site lui suffit souvent.
Les questions à poser avant de signer
Les conditions commerciales évoluent et varient selon les formules. Demandez-les par écrit, datées, et faites préciser chaque point :
- ce qui est facturé : un abonnement, chaque réservation, chaque couvert, des options de visibilité ;
- quelles réservations entraînent des frais, notamment celles prises depuis votre propre site, depuis Google ou par des clients déjà connus ;
- ce qui se passe en cas d'annulation ou d'absence du client ;
- la durée d'engagement, le préavis et les conditions de résiliation ;
- la possibilité de récupérer vos réservations et vos contacts clients si vous arrêtez.
Ce qui reste flou à l'oral doit être confirmé par écrit : un engagement verbal se prouve mal en cas de désaccord. Comparez ensuite les réponses à votre activité réelle : nombre de réservations par mois, proportion de nouveaux clients, services à remplir. Les autres familles d'outils, logiciels de réservation et modules intégrés au site, sont présentées dans l'article sur la réservation en ligne au restaurant.
Promotions : faire le calcul sur votre marge
La plateforme peut vous proposer de mettre en avant une réduction sur l'addition pour certains créneaux. L'idée attire des clients, mais la réduction se calcule sur le prix payé, alors que votre marge n'en représente qu'une partie. Sur une addition type, retirez le coût des produits, la réduction et les éventuels frais de réservation : ce qui reste doit encore couvrir le personnel, le loyer et l'énergie.
Faites ce calcul avant d'activer une offre, et réservez-la aux services où la table serait restée vide, comme un mardi midi, plutôt qu'aux soirs déjà complets. Demandez qui finance la réduction, sur quels produits elle porte, boissons comprises ou non, et comment l'équipe la repère sur la réservation. Au bout de quelques semaines, regardez combien de ces clients reviennent sans promotion.
Vos habitués et vos données
Le point le plus discret concerne vos clients fidèles. Un habitué qui prend le pli de réserver par l'application peut entraîner des frais pour une table qu'il aurait réservée chez vous de toute façon. Rendez donc la réservation directe aussi simple que possible pour ceux qui vous connaissent : un lien bien visible sur votre site, le numéro sur l'addition, une carte sur la table.
Vérifiez au passage ce que le contrat prévoit sur la façon de recontacter les clients venus par la plateforme : un client inscrit chez elle est aussi le sien, et il reçoit ses messages. Les avis déposés sur TheFork proviennent en principe de clients ayant réservé par son intermédiaire ; répondez-y avec le même soin que sur Google, en suivant la routine décrite dans l'article sur les plateformes d'avis.
Garder votre propre lien en première place
TheFork peut devenir un canal parmi d'autres sans prendre la place de votre réservation directe. Deux réglages y contribuent.
Sur votre site et votre fiche Google
Sur votre site, le bouton « Réserver », visible sur chaque page, mène de préférence à votre propre module. Sur votre fiche Google, le lien de réservation que vous renseignez pointe vers la même page ; vérifiez toutefois quels boutons s'affichent réellement, car des plateformes partenaires de Google peuvent y apparaître, comme l'explique l'article sur le bouton Réserver avec Google.
Une seule source de disponibilités
Si votre logiciel actuel peut se synchroniser avec la plateforme, les tables se mettent à jour partout ; sinon, réservez à la plateforme un nombre limité de tables par service, pour éviter qu'une même table soit vendue deux fois. Prévenez aussi l'équipe de salle : une réservation venue de la plateforme se traite comme les autres, avec la promotion éventuelle appliquée sur l'addition.
Avant de signer
- Pendant un mois, notez l'origine de chaque réservation : téléphone, site, passage, Google, bouche-à-oreille.
- Demandez les conditions complètes par écrit, puis calculez votre marge sur une addition type, avec et sans promotion.
- Si vous vous lancez, fixez une date de bilan et suivez deux indicateurs simples : les nouveaux clients et les habitués passés par la plateforme.
- Installez sur votre site un module de réservation directe : chez nous, l'option coûte 150 € HT, à ajouter dans le configurateur de devis.