Traduire son site : traduction automatique ou humaine
Un couple de cyclistes néerlandais prépare l'étape du lendemain et ouvre sur son téléphone le site d'une chambre d'hôtes, que le navigateur traduit automatiquement. La description se comprend à peu près, mais les conditions d'annulation restent floues, et il réserve dans la maison voisine dont le site existe en anglais. La traduction d'un site internet se joue sur ces détails : choisir les bonnes pages, se servir des outils automatiques sans leur laisser le dernier mot et tenir chaque langue à jour.
La traduction du navigateur ne suffit pas
Chrome, Safari ou Edge proposent de traduire une page en un clic, et de nombreux visiteurs étrangers s'en servent. Cette traduction dépanne, mais vous n'en contrôlez ni le résultat ni le vocabulaire, et elle trébuche volontiers sur vos noms de produits, vos tarifs ou vos conditions.
Elle a une autre limite : elle ne vous rend pas visible dans la langue du visiteur. Une personne qui cherche « holiday cottage Dordogne » sur Google se voit surtout proposer des pages rédigées en anglais. Pour être trouvé dans une autre langue, il faut des pages réellement traduites, publiées sur votre site.
Quelles pages traduire en premier
Inutile de tout traduire d'un coup. Commencez par les pages qui répondent aux questions d'un client étranger avant de venir ou de commander :
- la page d'accueil, avec votre activité, votre ville et un numéro de téléphone au format international, c'est-à-dire +33 suivi du numéro sans le zéro initial ;
- vos prestations, produits ou tarifs, avec ce qui est compris et ce qui ne l'est pas ;
- les horaires, l'accès et le stationnement ;
- la réservation, le formulaire de contact ou de devis, et les messages de confirmation envoyés ensuite ;
- les conditions qui engagent le client : annulation, acompte, livraison.
Le choix de la langue dépend de votre clientèle réelle. L'anglais sert de langue commune, mais un gîte proche de la frontière allemande ou une boutique de la Côte basque gagnera peut-être davantage avec l'allemand ou l'espagnol. Pour un restaurant, l'article sur la version anglaise du site d'un restaurant détaille le cas de la carte et des réservations.
La traduction automatique, un premier jet à relire
Les outils comme DeepL ou Google Traduction produisent en quelques secondes un texte fluide, souvent correct pour des phrases simples. Cette fluidité trompe : une erreur bien tournée passe inaperçue pour qui ne maîtrise pas la langue d'arrivée. Traitez le résultat comme un brouillon, jamais comme une version finale.
Là où l'outil se trompe
- Les noms de produits et de plats : une spécialité régionale ou le nom d'une formule, traduits mot à mot, perdent leur sens ou deviennent comiques.
- Le ton : votre façon de parler aux clients, chaleureuse ou soignée, s'efface souvent, et dans les langues qui distinguent tutoiement et vouvoiement, l'outil ne choisit pas toujours le registre qui vous convient.
- Les formats : prix, dates, heures et unités ne s'écrivent pas de la même façon partout. Un « 19 h » se lit plus facilement « 7 pm » pour un visiteur américain.
- Les pages juridiques : conditions générales de vente, politique de confidentialité, mentions légales. Une traduction approximative peut créer un malentendu sur vos engagements.
La relecture humaine
Faites relire chaque page par une personne dont c'est la langue maternelle, ou qui la maîtrise parfaitement. Pour les textes qui engagent, comme les conditions de vente, ou pour un site où chaque mot compte, confiez le travail à un traducteur professionnel. Pour une page d'horaires ou d'accès, un client fidèle ou un proche bilingue peut suffire, à condition de lui demander une relecture attentive.
Constituez aussi un glossaire, c'est-à-dire un simple tableau qui associe à chacun de vos termes récurrents la traduction retenue : noms de prestations, spécialités, mots propres à votre métier. La même chose porte alors le même nom sur tout le site, d'une mise à jour à l'autre.
Une adresse par langue et un sélecteur visible
Chaque langue doit disposer de ses propres pages, à des adresses distinctes, par exemple votre-site.fr/en/ pour l'anglais. Google peut ainsi explorer et afficher chaque version séparément. Des balises appelées hreflang, placées dans le code, lui indiquent quelles pages se correspondent d'une langue à l'autre, pour qu'un internaute qui cherche en anglais tombe plutôt sur la page anglaise.
Traduisez aussi le titre et la description de chaque page, qui s'affichent dans les résultats de Google, en suivant la méthode de l'article sur la balise title et la meta description. Les adresses peuvent elles-mêmes reprendre des mots de la langue concernée, comme /en/rooms plutôt que /en/chambres, selon les principes d'une adresse de page claire.
Côté visiteur, placez le sélecteur de langue en haut de chaque page, bien visible sur mobile, avec le nom de chaque langue écrit dans cette langue, comme « English » ou « Deutsch ». Il mène à la même page dans l'autre langue : le client qui lisait vos tarifs ne doit pas se retrouver sur la page d'accueil.
Faire vivre chaque langue
Une page traduite vieillit au même rythme que la page française. Le jour où vous changez un prix, un horaire ou une condition, la version étrangère doit suivre, faute de quoi un client se présentera avec une information périmée. Mettez à jour les traductions dans la même séance que le français.
Limitez-vous à ce que vous pouvez entretenir : cinq pages traduites et justes valent mieux qu'un site entier laissé à l'abandon, avec des actualités en anglais vieilles de deux ans. Le blog et les actualités peuvent rester en français si vous n'avez pas le temps de les suivre.
Si vous faites créer ou refaire votre site, la traduction se prévoit dès le départ, avec la structure des adresses et le sélecteur. Notre agence propose la version anglaise en option pour 200 € HT, avec les autres options listées sur la page des tarifs.
Par où commencer
- Relevez dans vos messages, vos avis et vos appels les langues que parlent réellement vos clients étrangers.
- Choisissez cinq pages au plus, produisez un premier jet avec un outil automatique, puis faites-le relire par une personne qui maîtrise la langue.
- Publiez ces pages à une adresse dédiée, avec un sélecteur visible, et ajoutez leur mise à jour à votre routine d'entretien du site.