Vendre une formation en ligne quand on est indépendant
Combien de fois avez-vous expliqué la même méthode à des clients différents, au téléphone ou en rendez-vous ? Beaucoup d'indépendants finissent par se demander si une formation en ligne pourrait transmettre ce savoir à davantage de personnes, sans multiplier les heures. Vendre une formation en ligne suppose alors de choisir un lieu de vente, de rédiger une page qui explique, d'organiser l'accès des élèves et de connaître quelques règles.
Plateforme, outil dédié ou votre propre site
Trois grandes options s'offrent à vous, chacune avec sa logique.
- Les plateformes de cours en ligne vous apportent un public déjà présent. En contrepartie, elles fixent souvent leurs règles sur les prix et les promotions, prélèvent une part des ventes et gardent la relation avec les élèves.
- Les outils d'hébergement de formations vous laissent vendre sous votre nom : ils gèrent les vidéos, les comptes des élèves et souvent le paiement, en échange d'un abonnement. À vous d'amener les acheteurs.
- Votre propre site accueille la page de vente, à votre nom de domaine, puis renvoie vers l'outil qui héberge les leçons, ou les héberge lui-même dans un espace réservé.
Pour comparer, posez quatre questions : qui possède la liste des élèves et peut leur écrire, comment récupérer vos vidéos si vous partez, quels frais s'appliquent à chaque vente, et comment la formation s'affiche sur un téléphone. Même si les leçons sont hébergées ailleurs, gardez la page de vente sur votre site : son adresse ne changera pas le jour où vous changerez d'outil.
La page de vente, rubrique par rubrique
Un acheteur ne peut ni feuilleter ni essayer : votre page de vente doit lui donner de quoi décider seul. Prévoyez au minimum :
- le résultat visé, formulé concrètement : ce que l'élève saura faire à la fin ;
- pour qui la formation est faite, et pour qui elle ne l'est pas : niveau de départ, prérequis, matériel ;
- le programme, module par module, avec la durée approximative de chacun ;
- le format : vidéos, fiches, exercices, séances en direct, questions par messagerie, et la durée de l'accès ;
- un extrait gratuit, comme une leçon complète, pour juger de votre façon d'expliquer ;
- qui vous êtes, et ce qui vous rend légitime sur le sujet ;
- le prix, les moyens de paiement et les conditions de remboursement.
La construction d'une page consacrée à une seule offre est détaillée dans l'article sur la landing page.
Aucune promesse de revenus
N'annoncez ni revenu, ni réussite garantie, ni résultat chiffré : chaque élève progresse selon son point de départ et son travail. Évitez aussi les faux comptes à rebours et les places prétendument limitées, qui relèvent des pratiques commerciales trompeuses surveillées par la DGCCRF. Les avis d'élèves se publient avec leur accord, tels qu'ils ont été écrits.
Paiement et accès : ce que vit l'acheteur après le clic
Juste après le paiement, l'élève doit recevoir un e-mail avec ses accès, la marche à suivre pour se connecter, sa facture et un contact en cas de souci. Un acheteur qui attend ses identifiants pendant des heures risque de demander un remboursement. Testez vous-même tout le parcours, de la page de vente à la première leçon, sur un ordinateur puis sur un téléphone.
Précisez aussi la durée de l'accès, illimitée ou limitée, et ce que deviennent les mises à jour du contenu. Côté fiscalité, la TVA dépend de votre régime et parfois du pays de l'acheteur : les ventes de services numériques à des particuliers d'autres pays de l'Union européenne suivent des règles particulières, présentées sur impots.gouv.fr. Votre comptable vous dira ce qui s'applique à votre situation.
Rétractation et remboursement d'un contenu numérique
Un particulier qui achète à distance dispose en principe d'un délai de rétractation, pendant lequel il peut changer d'avis sans se justifier. Pour un contenu numérique accessible tout de suite, comme des vidéos en ligne, ce droit peut ne pas s'appliquer, à des conditions précises :
- l'acheteur a donné son accord exprès pour que l'accès commence avant la fin du délai ;
- il a reconnu qu'il perdait ainsi son droit de rétractation, par exemple en cochant une case prévue à cet effet avant de payer ;
- vous lui avez confirmé cet accord, par exemple dans l'e-mail de confirmation.
Si l'une de ces conditions manque, le droit de rétractation s'applique. Une formation qui mêle vidéos et séances individuelles peut relever d'autres règles pour sa partie de service : la DGCCRF les détaille sur economie.gouv.fr. Rien ne vous empêche, en plus, d'offrir une garantie de satisfaction, à condition d'en écrire les conditions et de les respecter. Toutes ces règles trouvent leur place dans vos conditions générales de vente en ligne, consultables avant le paiement.
Qualiopi : seulement pour les formations financées
La certification Qualiopi n'est pas nécessaire pour vendre une formation que l'élève, ou son entreprise, paie directement. Elle devient obligatoire pour accéder aux fonds publics ou mutualisés de la formation professionnelle, comme le compte personnel de formation ou les financements des opérateurs de compétences, et d'autres conditions s'ajoutent pour certains dispositifs. L'article consacré au site d'un formateur indépendant montre comment présenter ces questions sans rien promettre.
N'écrivez jamais qu'une formation est « finançable » ou « éligible » sans avoir vérifié que vous remplissez toutes les conditions du dispositif concerné. Si vos clients sont des entreprises qui forment leurs salariés, renseignez-vous aussi sur les obligations des organismes de formation, présentées sur travail-emploi.gouv.fr.
Premiers pas vers votre formation en ligne
- Écrivez le résultat visé et le programme sur une seule page, avant de tourner la moindre vidéo.
- Choisissez votre mode de vente en fonction de qui garde la relation avec les élèves.
- Rédigez vos conditions de vente et de rétractation, puis faites un achat test de bout en bout. Pour chiffrer la page de vente sur votre propre site, passez par le configurateur de devis.