CMS : comprendre l'outil qui fait tourner votre site
Quand vous changez vos horaires de fêtes ou ajoutez une photo sur votre site, vous passez presque toujours par un CMS, souvent sans connaître ce nom. Ce logiciel décide de ce que vous pourrez modifier seul, du temps à consacrer à l'entretien et de votre liberté de changer un jour de prestataire. Il mérite quelques minutes d'attention avant votre prochain site.
Un CMS, en quelques mots
CMS signifie « content management system », que l'on traduit par système de gestion de contenu. Ce logiciel sépare le contenu de votre site, c'est-à-dire les textes, les photos, les prix ou les horaires, de sa présentation : mise en page, couleurs, polices. Vous remplissez des champs, un peu comme dans un traitement de texte, et le CMS affiche le résultat avec le bon habillage. Dans la plupart des cas, les contenus sont rangés dans une base de données, et la page est assemblée au moment où un visiteur la demande.
Il comporte deux faces. La partie publique est le site que voient vos clients. L'administration, souvent appelée back-office, est un espace protégé par un identifiant et un mot de passe, où vous modifiez les contenus. Ces notions, avec une vingtaine d'autres, figurent dans le glossaire du site internet.
Les trois grandes familles
Les logiciels libres à installer
WordPress est le plus répandu ; Joomla et Drupal suivent la même logique, et PrestaShop l'applique au commerce en ligne. Ces logiciels gratuits s'installent sur un hébergement que vous louez, leur apparence dépend d'un thème, et des extensions leur ajoutent des fonctions. Leur souplesse est grande, et leur entretien vous revient : mises à jour du logiciel, du thème et de chaque extension.
Les créateurs de sites hébergés
Wix, Squarespace, Jimdo, Webflow ou Shopify réunissent dans un même abonnement le logiciel, l'hébergement et la maintenance technique. Vous n'avez rien à installer ni à mettre à jour, mais le site dépend de la plateforme, de ses formules, de ses prix et de ses choix. L'article consacré à Squarespace pour un commerce montre bien les atouts et les limites de cette famille.
Les sites sur mesure
Un développeur peut aussi construire le site directement, sans CMS classique. Les pages sont souvent préparées à l'avance, ce qu'on appelle un site statique, et seules certaines zones restent modifiables : horaires, carte, actualités. Ces zones passent parfois par un outil de saisie séparé de l'affichage, qu'on appelle un CMS « headless », littéralement sans tête. Le site est léger et offre peu de prise aux attaques ; en contrepartie, toute nouveauté non prévue passe par le prestataire.
Ce que le choix change pour vous
Les modifications
Avec un logiciel libre ou un créateur de sites, vous pouvez en principe tout modifier, au risque de dérégler la mise en page. Sur un site sur mesure, vous modifiez vite et sans risque ce qui a été prévu, et rien d'autre. Le bon équilibre dépend de ce que vous changez vraiment chaque mois.
Les mises à jour et la sécurité
Un CMS installé chez un hébergeur doit être tenu à jour, faute de quoi il devient une cible pour les pirates. Sur un créateur hébergé, la plateforme s'en occupe, et vous restez responsable de vos mots de passe comme des accès que vous donnez. Un site statique, lui, compte peu de composants à surveiller.
Le coût et la liberté de partir
La gratuité du logiciel ne dit rien du coût total : hébergement, thème, extensions payantes et maintenance s'additionnent, comme les abonnements d'une plateforme. Côté liberté, un site sous logiciel libre se reprend assez facilement par un autre professionnel, alors qu'un site bâti sur un créateur en ligne se reconstruit en partie le jour du départ. Les différences concrètes sont détaillées dans le comparatif WordPress ou site sur mesure.
Selon votre activité
Quelques repères pour les profils les plus courants :
- un restaurant qui change sa carte à chaque saison et ses horaires pendant les fêtes a surtout besoin de quelques zones simples à modifier ;
- une boutique qui vend des centaines de produits en ligne demande un outil conçu pour le commerce, comme Shopify, WooCommerce ou PrestaShop ;
- un indépendant qui publie souvent des articles ou des réalisations profite d'un CMS pensé pour le blog, comme WordPress ;
- un artisan dont le site change deux fois par an peut se contenter d'un site sur mesure, en confiant les rares modifications au prestataire.
Les questions à poser avant de choisir
Qu'un prestataire vous propose un CMS ou que vous hésitiez entre plusieurs outils, ces questions révèlent ce que le site vous coûtera après sa mise en ligne :
- Quel outil sera utilisé, et pourquoi celui-ci pour mon activité ?
- Que pourrai-je modifier seul : horaires, prix, carte, photos, actualités, nouvelles pages ?
- Qui fera les mises à jour, à quel rythme et pour quel prix ?
- Quelles extensions ou quels abonnements payants faut-il prévoir, et à quel nom ?
- Aurai-je un accès administrateur à mon nom ?
- Que récupérerai-je si je change de prestataire ou d'outil ?
Pendant un mois, notez chaque modification que vous auriez voulu faire sur votre site, même minime. Cette liste décrit mieux qu'un argument commercial ce que votre CMS doit vous permettre.
Pour y voir clair sur votre site
- Identifiez le CMS de votre site actuel : votre prestataire peut vous le dire, et l'adresse de la page de connexion à l'administration donne souvent un indice.
- Vérifiez que vous disposez d'un compte administrateur à votre nom, plutôt que d'un simple accès d'éditeur.
- Pour un nouveau site, joignez votre liste de modifications souhaitées à votre demande de devis : le choix de l'outil en découlera.