Compresser une vidéo pour son site sans la rendre floue
Une minute filmée avec un téléphone pèse de quelques dizaines à plusieurs centaines de mégaoctets, selon les réglages de l'appareil. Publiée telle quelle, elle ralentit la page sur mobile, ou elle dépasse la taille de dépôt permise par l'hébergeur. Pour compresser une vidéo sans la rendre floue, il suffit de comprendre trois réglages : le format, la résolution et le débit.
Ce qui rend une vidéo lourde
Une vidéo est une suite d'images accompagnée de son. Son poids dépend de quatre éléments : la résolution, c'est-à-dire le nombre de pixels de chaque image ; le nombre d'images par seconde ; le débit, la quantité de données consommée pour chaque seconde de vidéo ; et la durée.
Le débit se compte en mégabits par seconde (Mbit/s). En le multipliant par la durée, puis en divisant par huit, car un octet compte huit bits, vous estimez le poids du fichier : à 4 Mbit/s, une minute pèse environ 30 Mo, et à 8 Mbit/s environ 60 Mo. Une boucle de 10 secondes à 2 Mbit/s tient dans 2,5 Mo, un poids raisonnable pour une page.
Le bon format : MP4 en H.264
Un fichier vidéo se compose d'un conteneur, que révèle l'extension (.mp4, .mov, .webm), et d'un codec, la méthode qui compresse l'image et le son. Pour un site, le choix le plus sûr est un fichier MP4 qui contient de la vidéo H.264 et du son AAC : tous les navigateurs, téléphones et ordinateurs récents le lisent.
Deux situations méritent une vérification :
- Les vidéos de téléphone : de nombreux appareils enregistrent en HEVC, aussi appelé H.265, plus économe en place mais que tous les navigateurs ne lisent pas. Convertissez ces fichiers en MP4 H.264 avant de les publier.
- Le format WebM : avec les codecs VP9 ou AV1, il donne parfois un fichier plus léger à qualité comparable, et la plupart des navigateurs récents le lisent. Votre prestataire peut proposer les deux versions : chaque navigateur prend celle qu'il sait lire.
Réduire le poids sans flouter
La résolution
Une vidéo affichée dans un bloc de page n'a pas besoin de la définition d'un cinéma. Le 1080p (1 920 pixels de large) suffit pour une vidéo en grand, et le 720p (1 280 pixels) pour une petite fenêtre ou une boucle d'ambiance. La 4K pèse beaucoup plus lourd, sans que la plupart des écrans de téléphone en profitent. N'agrandissez jamais une vidéo tournée en basse définition : l'image en devient floue.
Le débit
Le débit est le principal curseur entre le poids et la netteté. Trop bas, il fait apparaître des blocs et du flou dans les mouvements rapides, les scènes sombres et les textes incrustés. Un logiciel comme HandBrake propose une qualité constante, qui adapte le débit à chaque scène : plus le chiffre choisi est bas, plus l'image est fidèle et le fichier lourd. Sa documentation indique une valeur comprise entre 20 et 24 pour du 1080p en H.264.
Les images par seconde et le son
Vingt-cinq ou trente images par seconde suffisent pour une vidéo de présentation ; soixante alourdissent le fichier, souvent sans gain visible. Pour la voix, le son AAC en réglage standard convient. Une boucle muette n'a pas besoin de piste audio : la supprimer allège encore le fichier.
Compresser avec HandBrake ou en ligne
HandBrake est un logiciel gratuit, disponible sur Windows, macOS et Linux. La marche à suivre tient en cinq gestes :
- ouvrez le fichier d'origine, celui qui sort de l'appareil ;
- choisissez un préréglage général en 1080p ou en 720p, au format MP4 ;
- réglez la qualité constante et cochez l'option d'optimisation pour le web, qui permet de démarrer la lecture avant la fin du téléchargement ;
- supprimez la piste audio si la vidéo est muette ;
- lancez l'encodage, puis comparez le résultat avec l'original.
Partez toujours du fichier d'origine. Une vidéo déjà passée par une messagerie ou un réseau social a été compressée une première fois, et une deuxième compression la dégrade nettement.
Les compresseurs en ligne évitent toute installation, mais votre fichier part sur les serveurs d'une entreprise tierce. Avec des clients, des enfants ou l'intérieur d'une maison à l'écran, vous lui confiez des données personnelles : préférez un logiciel installé sur votre ordinateur. Certains services imposent aussi une limite de taille ou ajoutent un filigrane.
Comparez l'original et la version compressée à la taille où la vidéo s'affichera sur le site. Si vous ne voyez aucune différence, baissez encore la qualité d'un cran ; au premier défaut visible, revenez en arrière.
Héberger soi-même, ou passer par YouTube ou Vimeo
Un fichier hébergé chez vous convient aux vidéos courtes : boucle d'ambiance, démonstration de quelques secondes. Chaque visiteur le télécharge depuis votre hébergement, qui n'adapte pas la qualité à sa connexion. Pour une présentation de plusieurs minutes, une plateforme règle la qualité selon chaque visiteur : l'article Vimeo ou YouTube compare les deux, et celui sur l'intégration d'une vidéo YouTube explique comment l'afficher sans ralentir la page.
La vidéo en arrière-plan
Une vidéo d'ambiance en fond de bannière reste courte, de dix à vingt secondes, muette, lue en boucle et fortement compressée. Prévoyez une image fixe de remplacement, affichée pendant le chargement, sur les connexions lentes et pour les visiteurs qui ont réglé leur appareil pour limiter les animations. Cette image peut être un WebP, format présenté dans l'article sur WebP et AVIF. N'y placez aucune information essentielle.
Les derniers contrôles
- Regardez la version compressée en plein écran sur ordinateur, puis sur votre téléphone en données mobiles, en surveillant les textes, les scènes sombres et les mouvements.
- Vérifiez le poids : quelques mégaoctets pour une boucle, quelques dizaines pour une vidéo d'une ou deux minutes.
- Pour un site à venir, indiquez dans votre demande de devis la place de la vidéo : fond de bannière, présentation ou simple lien vers YouTube.