Doctolib ou son propre site : ce qu'il faut à un praticien
Une patiente cherche un kinésithérapeute près de chez elle et tombe sur votre profil Doctolib : un nom, des horaires, un bouton pour réserver. Ce profil lui permet de réserver en quelques clics, mais il peut laisser peu de place à vos explications sur une première séance ou sur votre manière de travailler. Faut-il alors un site en plus, ou le profil suffit-il ?
Ce qu'un profil Doctolib fait bien
Doctolib est une plateforme française de rendez-vous en ligne consacrée à la santé. Les patients y cherchent un praticien par spécialité et par lieu, réservent un créneau et reçoivent des rappels, tandis que le praticien gère son agenda depuis l'outil. Selon l'offre choisie, d'autres services s'y ajoutent : consultez le site de la plateforme pour les connaître, car ils évoluent.
Pour un cabinet, les apports sont concrets :
- des rendez-vous pris à toute heure, sans appel pendant les consultations ;
- des rappels envoyés aux patients, qui limitent les rendez-vous non honorés ;
- un agenda partagé entre les membres d'un cabinet de groupe ;
- une visibilité auprès des personnes qui cherchent un praticien directement sur la plateforme.
Pour un praticien qui s'installe, le profil peut aussi donner une première présence en ligne, en attendant d'avoir son propre site. Reste à voir ce que ces atouts laissent de côté.
Ce que le profil ne remplace pas
Un profil de plateforme présente votre cabinet dans un cadre commun à tous les praticiens, ce qui facilite la comparaison et laisse peu de place à vos explications. Un site à votre adresse prend le relais sur ce que le patient veut savoir avant de venir :
- le déroulement d'une première consultation, sa durée et les documents à apporter, comme l'ordonnance ;
- l'accès au cabinet : stationnement, transports, accessibilité aux personnes à mobilité réduite ;
- votre manière de pratiquer, décrite sobrement ;
- les tarifs, le conventionnement éventuel et les moyens de paiement, expliqués en termes simples ;
- les visites à domicile et la continuité des soins pendant vos absences.
Votre fiche Google joue un autre rôle : c'est elle qui s'affiche sur Google Maps quand on cherche un praticien dans sa ville, et elle peut renvoyer vers votre lien de rendez-vous. Ses réglages sont décrits dans l'article sur Google Business Profile. Si vous répondez à un avis, ne confirmez jamais que la personne est votre patiente : le secret professionnel s'applique aussi en ligne.
Votre site reste soumis aux règles de votre profession : il informe sans faire de publicité, sans comparaison ni promesse de résultat. Si vous êtes inscrit à un ordre professionnel, comme l'Ordre des médecins ou celui des masseurs-kinésithérapeutes, relisez ses recommandations avant de publier. L'article sur le site d'un professionnel de santé détaille ce cadre.
Faire travailler les deux ensemble
Le site présente le cabinet, la plateforme prend les rendez-vous. Créez sur votre site une page « Prendre rendez-vous » qui contient le lien vers votre profil, ou le bouton que la plateforme propose pour votre offre s'il existe, et votre numéro de téléphone pour ceux qui préfèrent appeler. Ajoutez les numéros d'urgence pour les situations qui ne peuvent pas attendre.
Gardez les mêmes horaires, la même adresse et les mêmes informations d'accès sur le site, sur la plateforme, sur Google et dans l'annuaire santé d'ameli.fr : une divergence suffit à déconcerter un patient. Les réglages d'un agenda en ligne, comme les durées, les temps entre deux rendez-vous, les rappels et les annulations, suivent les mêmes principes quel que soit l'outil. Ils sont présentés dans l'article sur la prise de rendez-vous en ligne.
Notez pendant deux semaines les questions que les patients posent au secrétariat ou par téléphone. Elles forment le plan de vos pages, formulées avec les mots de ceux qui vous écrivent.
Données des patients : les questions à poser
Les données de santé bénéficient d'une protection renforcée, et vous restez responsable de l'usage que vous faites des informations de vos patients, quel que soit l'outil. Posez à l'éditeur des questions précises, par écrit :
- où et chez quel hébergeur les données sont stockées, sachant que l'hébergement de données de santé relève en France d'un régime spécifique, que présente l'Agence du numérique en santé sur esante.gouv.fr ;
- qui peut y accéder, et dans quelles conditions ;
- ce que vous pouvez exporter si vous quittez la plateforme ;
- la durée d'engagement et les conditions de résiliation.
Sur votre propre site, limitez le formulaire de contact à l'essentiel : nom, coordonnées, objet général. Aucune description de symptômes n'y a sa place. Indiquez dans la politique de confidentialité de votre site que la prise de rendez-vous passe par la plateforme, et renvoyez vers la politique de celle-ci. La CNIL publie des ressources pour les professionnels de santé : consultez-les avant d'ajouter un outil.
Et les autres solutions ?
Doctolib n'est pas la seule voie. D'autres plateformes de rendez-vous en santé existent, certains logiciels de cabinet intègrent un module de réservation, et un outil de prise de rendez-vous peut aussi se placer directement sur votre site. Comparez les fonctions dont vous avez besoin, comme l'agenda, les rappels, la durée de l'engagement, l'export des données et l'hébergement, sans vous arrêter aux noms. La bonne réponse dépend de la taille de votre cabinet, de votre patientèle et de ce que votre profession autorise.
Pour avancer
- Relisez votre profil : complétez les informations pratiques et alignez-les sur celles de votre fiche Google.
- Rédigez les pages qui manquent, comme la première consultation, l'accès et la continuité des soins, en respectant les règles de votre profession.
- Demandez à l'éditeur, par écrit, ses réponses sur l'hébergement et l'export des données.
- Une page unique suffit pour rassembler ces informations : elle correspond à la formule à 600 € HT chez nous, détaillée sur la page des tarifs.