Restaurants

Bar à cocktails : une carte lisible et des soirées à réserver

6 min de lecture

Une photo de l'ardoise prise au flash, des horaires vieux de deux saisons, pas une ligne sur les créations sans alcool : en ligne, plus d'un bar à cocktails se montre sous son plus mauvais jour. Le site peut au contraire présenter chaque recette, chaque soirée et chaque formule de groupe avec précision, à condition de respecter le cadre strict que la loi fixe à la communication sur l'alcool.

Ce que la loi Évin permet, avant la première ligne

Sur votre site comme sur vos réseaux sociaux, la présentation de cocktails alcoolisés relève des règles de la loi Évin sur la publicité pour l'alcool. Elles admettent les informations objectives : composition, degré, origine, méthode d'élaboration, caractéristiques gustatives, prix et conditions de vente. Elles excluent toute incitation à consommer, ainsi que les messages qui présentent l'alcool comme la clé d'une fête, d'une rencontre ou d'une réussite sociale.

Les pages qui présentent vos cocktails alcoolisés portent donc le message sanitaire « L'abus d'alcool est dangereux pour la santé », exigé sur toute publicité pour l'alcool. Rappelez aussi que la vente d'alcool aux mineurs est interdite. En cas de doute, consultez les textes sur Légifrance ou votre syndicat professionnel, comme l'UMIH ou le GHR.

Une carte rédigée comme une fiche technique

Un bartender décrit ses cocktails par leurs ingrédients et leur préparation : c'est le bon registre en ligne. Pour chaque cocktail, indiquez :

  • le nom, l'alcool de base et son origine quand elle compte pour vous ;
  • les autres ingrédients : jus pressés, sirops maison, liqueurs, amers ;
  • la méthode, au shaker ou au verre à mélange, et le type de verre ;
  • le profil, en mots objectifs comme acidulé, amer ou fumé, puis une indication de la teneur en alcool et le prix.

Publiez la carte en texte, lisible au téléphone : une photo d'ardoise se lit mal et Google n'en tire rien. Les règles communes à tous les bars, des horaires tardifs à l'accès, sont réunies dans l'article sur le site internet d'un bar.

Les créations de la maison

Vos créations signature font la personnalité de votre comptoir. Présentez-les par les faits : le sirop de thym préparé chaque semaine, la liqueur d'un producteur voisin, l'agrume de saison. Évitez superlatifs et promesses d'ambiance : « le cocktail qui lance la soirée » associe l'alcool à la fête, quand « gin, concombre, citron vert, tonic artisanal » informe sans pousser à boire.

Le sans-alcool au même rang

Donnez aux cocktails sans alcool une vraie rubrique, placée tôt dans la carte et décrite avec le même soin. Celui qui conduit ou celle qui ne boit pas choisit alors sur la même page que ses voisins, au lieu de se contenter d'une ligne « softs » en bas de carte. Signalez enfin les allergènes, qui concernent aussi les boissons : blanc d'œuf de certains sours, ces cocktails acidulés, sirop d'orgeat à l'amande, crème, sel de céleri.

Horaires et happy hours : des faits, sans effet d'annonce

Donnez vos horaires jour par jour, avec l'heure de la dernière commande et celle où les planches s'arrêtent, puis recopiez-les sans écart sur votre fiche Google. Un client venu à minuit pour une carte servie jusqu'à 23 h repart frustré, surtout si le site annonçait autre chose.

Pour les happy hours, ces créneaux à prix réduit, tenez-vous aux faits : jours et heures, boissons concernées, prix, par exemple « du mardi au jeudi, de 18 h à 20 h, cocktails classiques à prix réduit ». Les formules qui poussent à commander davantage, du type « le deuxième offert », n'ont pas leur place sur le site. La réglementation demande aussi de proposer des boissons sans alcool à prix réduit pendant ces créneaux : annoncez-les dans la même phrase, et vérifiez les règles à jour sur service-public.fr.

Réserver une table, privatiser pour un groupe

Dites ce qui se réserve : les tables basses, les places au comptoir, ou rien du tout certains soirs. Précisez combien de temps une table reste gardée et à partir de quelle taille un groupe doit prévenir. Le module de réservation affiche ensuite les créneaux libres, ce qui vous épargne les messages privés de 22 h.

Pour les anniversaires ou les soirées d'entreprise, une page de privatisation présente :

  • les espaces et leur capacité, assise et debout ;
  • les formules : cocktails, équivalents sans alcool, planches à partager ;
  • la possibilité d'une courte carte créée pour l'occasion ;
  • l'acompte, le délai d'annulation et la marche à suivre.

La méthode complète, du formulaire à la proposition écrite, est détaillée dans l'article sur la privatisation d'un restaurant, qui vaut aussi pour un bar.

Bartenders invités, masterclasses et photos du lieu

Une soirée avec un bartender invité, venu d'un autre établissement le temps d'un soir, fixe un rendez-vous que vos habitués notent à l'avance. Une masterclass, cet atelier où l'on apprend à préparer des cocktails, fonctionne de la même façon. Chacune mérite sa page : date, horaire, invité ou animateur, cocktails prévus décrits comme le reste de la carte, prix et nombre de places.

Pour un atelier, précisez la durée et le contenu, puis ajoutez la mention « réservé aux personnes majeures », avec un contrôle d'identité à l'arrivée si besoin. Pour donner à ces dates une place dans les résultats de recherche, appuyez-vous sur la démarche décrite dans l'article consacré aux événements sur Google. Le lendemain, supprimez la page ou remplacez-la par le rendez-vous suivant.

Montrer le lieu plutôt que les verres levés

Montrez le comptoir, la lumière du soir, le bartender au travail, les herbes et les agrumes préparés avant le service. Écartez les images de clients en pleine fête autour de leurs verres, qui lient l'alcool à la réussite d'une soirée, et demandez l'accord de toute personne reconnaissable avant de publier.

Avant la prochaine mise à jour de la carte

  1. Réécrivez chaque cocktail sous forme de fiche : alcool de base, ingrédients, méthode, profil, prix.
  2. Créez une vraie rubrique sans alcool et vérifiez les allergènes avec l'équipe du bar.
  3. Passez textes et photos au crible de la loi Évin : faits objectifs, aucune incitation, message sanitaire présent.
  4. Pour une carte consultable par QR code depuis les tables, l'option menu numérique coûte 100 € HT chez nous, et la page des tarifs détaille les autres options.