Suivre son positionnement sur Google sans se ruiner
Chaque lundi matin, vous tapez « fleuriste Angers » sur votre téléphone, et votre boutique s'affiche en deuxième position. Votre vendeuse fait la même recherche chez elle et vous trouve bien plus bas. Le suivi de positionnement sert à savoir où votre site apparaît réellement sur les recherches qui comptent, et il n'exige pas forcément d'abonnement payant.
Pourquoi vos propres recherches vous trompent
Google n'affiche pas la même page de résultats à tout le monde. Pour une recherche locale, l'endroit où se trouve la personne pèse lourd : deux clients situés à quelques rues d'écart peuvent voir des entreprises différentes, surtout dans le bloc de la carte. D'autres éléments entrent en jeu :
- l'appareil utilisé, car les résultats diffèrent parfois entre mobile et ordinateur ;
- l'historique de recherche et le compte Google connecté, qui personnalisent certains résultats ;
- la langue et les réglages du navigateur ;
- le moment de la recherche, puisque les résultats bougent légèrement d'un jour à l'autre.
Vous qui consultez souvent votre propre site êtes donc le plus mal placé pour juger. La navigation privée limite l'effet de l'historique, mais elle ne change rien à votre position géographique.
La page de résultats elle-même s'est encombrée. Annonces, carte, questions associées, images ou résumé rédigé par l'IA s'intercalent entre les liens. Sur un téléphone, une « troisième position » peut ainsi n'apparaître qu'après un long défilement.
La position moyenne dans la Search Console
La source la plus fiable est gratuite : Google Search Console, l'outil que Google met à disposition des propriétaires de sites. Son rapport sur les performances indique, pour chaque recherche, la position moyenne de votre site. Si l'outil n'est pas encore installé, le guide des rapports de Google Search Console explique comment s'y prendre.
Ce que mesure ce chiffre
À chaque affichage de votre site dans les résultats, Google relève la place de votre lien le mieux classé, puis calcule la moyenne sur la période choisie. Une position moyenne de 6 peut donc cacher des internautes qui vous voient en tête et d'autres qui vous trouvent en deuxième page. Ce chiffre résume l'ensemble des recherches réelles, d'où qu'elles viennent.
Les bons réglages pour le lire
- Affichez la position moyenne, proposée au-dessus du graphique à côté des clics et des impressions.
- Dans l'onglet Requêtes, retrouvez vos recherches principales grâce au filtre.
- Limitez les données à la France, puis comparez mobile et ordinateur : les écarts sont parfois nets.
- Regardez toujours le nombre d'impressions à côté de la position. Sur une requête affichée trois fois dans le mois, la moyenne ne veut pas dire grand-chose.
Croisez aussi une requête avec l'onglet Pages : il montre quelle page de votre site se positionne. Si c'est l'accueil plutôt que la page du service concerné, cette dernière mérite d'être étoffée. Les positions sur Google Maps obéissent enfin à une autre logique, très liée à l'endroit d'où l'on cherche, que détaille l'article sur le classement dans Google Maps.
Une courte liste de requêtes à suivre
Suivre deux cents mots-clés n'a aucun intérêt pour un commerce ou un indépendant. Dix à vingt recherches bien choisies suffisent, à condition qu'elles reflètent ce que tapent vos clients potentiels. Composez votre liste à partir de plusieurs familles :
- votre métier et votre ville : « plombier Rennes », « boulangerie Saint-Malo » ;
- vos services précis : « débouchage canalisation Rennes », « gâteau d'anniversaire sur commande » ;
- deux ou trois questions que vos clients posent souvent ;
- le nom de votre entreprise, pour vérifier que vous arrivez bien en tête sur celui-ci ;
- une ou deux recherches saisonnières, si votre activité en connaît.
Puisez ces expressions dans l'onglet Requêtes, qui révèle le vocabulaire réel des internautes, et dans les mots que vos clients emploient au téléphone. La méthode pour trouver vos mots-clés locaux aide à compléter la liste.
Notez vos relevés dans un tableur : la date, la requête, la position moyenne, les impressions, les clics, la page qui se positionne et les modifications faites sur le site. Sans cette dernière colonne, impossible de relier une progression à une action précise.
Le bon rythme : une fois par mois
Les positions fluctuent un peu chaque jour, sans que cela signifie quoi que ce soit. Sur un petit site, un relevé mensuel suffit largement. Comparez le mois écoulé au précédent, et à la même période de l'année passée si votre activité suit les saisons.
Après une modification, comme une page de service réécrite ou un nouveau titre, laissez passer plusieurs semaines avant de juger. Google doit d'abord repasser sur la page, puis les données doivent s'accumuler. Changer trois fois le même titre en un mois rend toute lecture impossible.
Gardez en tête que la position n'est qu'un moyen. Gagner trois places sur une recherche que personne ne tape ne rapporte rien, alors qu'une page en cinquième position qui génère des appels réguliers fait son travail. Regardez les clics et les demandes reçues en même temps que les positions.
Les outils, gratuits ou payants
Les gratuits
La Search Console couvre l'essentiel pour Google. Bing Webmaster Tools, son équivalent chez Microsoft, affiche aussi une position moyenne pour les recherches faites sur Bing. Ces deux outils reposent sur des données réelles, publiées avec quelques jours de retard.
Les payants
Les logiciels de suivi de positionnement, comme Semrush ou SE Ranking, relèvent la position de vos mots-clés à intervalles réguliers, en simulant une recherche depuis une ville donnée. D'autres, comme Local Falcon ou BrightLocal, montrent votre place sur Google Maps depuis une grille de points autour de votre adresse. La plupart fonctionnent par abonnement. Avant de vous engager, vérifiez :
- le nombre de mots-clés inclus dans la formule ;
- la possibilité de choisir une ville précise et de distinguer mobile et ordinateur ;
- la fréquence des relevés ;
- les conditions de résiliation et l'export de vos données.
Ces outils se justifient dans un métier très concurrentiel, pour une entreprise présente dans plusieurs villes ou pour surveiller la carte de près. Pour la plupart des petites entreprises, la Search Console et un tableur font l'affaire.
Votre routine de suivi
- Choisissez dix à vingt requêtes dans la Search Console et dans les mots de vos clients.
- Créez votre tableau et faites un premier relevé, qui servira de point de départ.
- Bloquez une demi-heure par mois pour le mettre à jour, en notant chaque modification du site.
- Si certaines requêtes stagnent loin derrière, le travail porte sur les pages elles-mêmes : c'est l'objet de l'option référencement local et IA, à 250 € HT, que vous trouverez dans nos tarifs.