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Ancre de lien : choisir les mots sur lesquels on clique

6 min de lecture

« Pour découvrir nos gâteaux de mariage, cliquez ici. » Dans cette phrase, seuls les deux derniers mots sont cliquables : c'est l'ancre de lien, le texte visible sur lequel on clique. Ce détail de rédaction compte davantage qu'il n'y paraît, pour vos visiteurs comme pour Google.

Ce que l'ancre dit au visiteur et à Google

Un visiteur pressé parcourt la page des yeux et repère d'abord les liens, soulignés ou colorés. Une ancre explicite lui annonce la destination avant même qu'il clique. Les personnes qui utilisent un lecteur d'écran, un logiciel qui lit la page à voix haute, peuvent aussi afficher la liste des liens hors de leur contexte : une série de « cliquez ici » ne leur apprend rien.

Google, de son côté, se sert du texte des liens pour comprendre le sujet de la page vers laquelle ils pointent. Quand le lien est une image, c'est son texte alternatif, la courte description associée à l'image, qui joue le rôle d'ancre. Un logo cliquable sans description n'apporte donc aucune information.

Les grandes familles d'ancres

Prenons une boulangerie fictive, la Boulangerie Martin, à Tours. Les liens qui mènent vers sa page de commandes peuvent prendre plusieurs formes :

  • l'ancre descriptive : « commander un gâteau d'anniversaire », qui résume la page en quelques mots ;
  • l'ancre exacte : « gâteau anniversaire Tours », réduite au mot-clé visé ;
  • l'ancre de marque : « Boulangerie Martin » ;
  • l'adresse nue : « boulangerie-martin.fr » ;
  • l'ancre générique : « ici », « en savoir plus », « ce site » ;
  • l'image cliquable, dont le texte alternatif tient lieu d'ancre.

Aucune n'est interdite. Sur vos propres pages, l'ancre descriptive convient presque toujours. Dans les liens venus d'autres sites, le nom de l'entreprise et l'adresse du site dominent naturellement, et c'est très bien ainsi.

Sur votre site : des ancres qui annoncent la suite

Les principes du maillage interne, c'est-à-dire la façon de relier vos pages entre elles, s'appliquent à chaque lien. Quelques réflexes de rédaction font la différence :

  • intégrez le lien dans une phrase naturelle, au lieu de l'ajouter en fin de paragraphe ;
  • visez quelques mots, de deux à huit environ : une ancre d'une ligne entière perd son sens ;
  • gardez la même destination pour une même ancre, car deux pages différentes derrière « les tarifs » sèment le doute ;
  • variez les formulations quand plusieurs pages renvoient vers la même destination ;
  • donnez aux boutons un verbe d'action précis : « Réserver une table », « Demander un devis » ;
  • signalez ce qui sort de l'ordinaire, comme un fichier ou un autre site : « la carte des desserts (PDF) », « la fiche de la boulangerie sur le site de l'office de tourisme ».

Voici un exemple de réécriture. Avant : « La boulangerie livre aussi les entreprises. Pour plus d'informations, cliquez ici. »

Après : « La boulangerie prépare des plateaux repas pour les entreprises du centre-ville, livrés avant midi », avec le lien posé sur « plateaux repas pour les entreprises ». La phrase se lit d'une traite, et le lien dit exactement où il mène.

Les intitulés du menu sont eux aussi des ancres. « Prestations » renseigne moins que « Mariages » ou « Plateaux repas », à condition que le menu reste court.

Les liens que d'autres sites vous font

Un fournisseur, une association que vous soutenez, l'office de tourisme ou le journal local peuvent publier un lien vers votre site. Vous ne choisissez pas leurs mots, mais vous pouvez les aider. Quand on vous demande comment vous citer, proposez une formule simple et exacte, comme « Boulangerie Martin, artisan boulanger à Tours », avec le lien sur le nom ou sur l'ensemble.

Évitez d'exiger une ancre bourrée de mots-clés. Un partenaire qui écrit « meilleure boulangerie pas chère Tours centre » produit un lien qui sonne faux, pour ses lecteurs comme pour Google. Les pistes pour obtenir ces liens sont rassemblées dans l'article sur les liens locaux.

Pour savoir quels mots les autres sites utilisent déjà, ouvrez le rapport Liens de la Search Console : il affiche les textes les plus fréquents dans les liens qui pointent vers vous. Des mots sans rapport avec votre activité méritent un coup d'œil sur les sites concernés.

Dans l'autre sens, les mêmes règles valent pour les liens que vous faites vers d'autres sites. Quand vous citez votre meunier ou le producteur de vos fruits, « les farines du moulin Durand, en Touraine » renseigne mieux vos lecteurs que « ce fournisseur ». Ce genre de lien sert vos clients, et il donne au partenaire une bonne raison de parler de vous en retour.

Les ancres suroptimisées, un risque inutile

On parle de suroptimisation quand les ancres répètent mécaniquement le même mot-clé. Les règles de Google contre le spam visent notamment les campagnes de liens aux ancres chargées de mots-clés : articles publiés en masse sur des sites sans rapport, échanges de liens à grande échelle, liens achetés. Au mieux, Google ignore ces liens ; au pire, le site perd des positions.

Sur votre propre site, le risque touche surtout la lisibilité. Une page où chaque lien s'intitule « plombier Lyon » se lit mal et semble écrite pour un robot. Quelques repères suffisent :

  • réservez l'expression exacte à quelques liens, là où elle tombe naturellement ;
  • préférez des ancres qui décrivent le service ou la question traitée ;
  • méfiez-vous de toute offre qui vend des liens avec des ancres choisies à l'avance.

Pour revoir vos ancres

  1. Parcourez votre page d'accueil et vos pages de services, et notez chaque texte de lien et chaque bouton.
  2. Réécrivez les « cliquez ici » et les « en savoir plus » en ancres descriptives, intégrées à la phrase.
  3. Vérifiez que vos logos et vos images cliquables possèdent un texte alternatif.
  4. Préparez une phrase de présentation à transmettre aux partenaires qui veulent vous citer. Pour faire reprendre les textes de vos pages, l'option rédaction est proposée à 200 € HT dans nos tarifs.