Liens externes : faut-il renvoyer vers d'autres sites ?
Sur sa page « Matériaux », un menuisier cite le fabricant de ses fenêtres. Sans lien, le lecteur doit chercher la marque sur Google, et il tombe parfois sur un revendeur concurrent ; avec un lien, il arrive au bon endroit en un geste. Beaucoup de sites évitent pourtant les liens externes, par crainte de perdre des visiteurs ou des places dans Google : que valent ces craintes ?
Quand un lien externe sert vos lecteurs
Un lien externe pointe vers un autre site que le vôtre. Il se justifie chaque fois que le lecteur en tire un bénéfice :
- une source officielle : service-public.fr pour une démarche, le site de la CNIL ou de la DGCCRF pour une règle, l'organisme qui délivre un label ou une qualification ;
- un partenaire ou un fournisseur : le producteur dont vous cuisinez les légumes, le fabricant dont vous posez les produits, le professionnel complémentaire que vous recommandez ;
- un lieu ou un événement local : l'office de tourisme, l'association qui organise une fête, le site d'un marché ;
- un service utile : la plateforme où réserver, le suivi d'un colis, la page d'avis.
Chaque lien doit répondre à une question que le lecteur se poserait : ne liez pas par réflexe. N'en attendez pas un gain de classement. Son intérêt va d'abord au lecteur, qui trouve plus vite ce qu'il cherche, et à la confiance que vous inspirez en citant vos sources.
Quand vous affirmez un fait que le lecteur voudra peut-être vérifier, comme un délai légal ou une règle, citez la source officielle, qui fait foi. Si votre métier est encadré, un lien vers l'organisme qui délivre votre qualification permet en plus au client de vérifier vos titres.
Avant de poser un lien, ouvrez la page visée : est-elle à jour, claire, sans publicité envahissante ni contenu douteux ? Votre lien engage un peu votre crédibilité. Il n'existe pas de nombre idéal de liens par page : quelques-uns, bien choisis, suffisent, et un texte truffé de liens se lit mal. Les liens qui relient vos propres pages suivent d'autres règles, présentées dans l'article sur le maillage interne.
Les attributs « nofollow », « sponsored » et « ugc »
Chaque lien peut porter une étiquette invisible pour le lecteur, l'attribut rel, qui précise aux moteurs de recherche sa nature. Sans étiquette, c'est un lien ordinaire. Google en distingue trois :
- sponsored : pour les liens payants, c'est-à-dire les publicités et les liens obtenus en échange d'un paiement, de biens ou de services ;
- ugc : pour les contenus laissés par des internautes, comme les commentaires d'un blog ou les messages d'un forum ;
- nofollow : pour les autres cas où vous préférez que Google n'associe pas votre site à la page liée.
Ces étiquettes sont des indications : Google en tient compte sans s'y plier toujours. Elles ne changent rien pour le visiteur, car le lien fonctionne de la même façon. Selon votre outil, elles s'activent par une case dans la fenêtre d'édition du lien ou par une demande à la personne qui gère votre site.
Le texte du lien, et les liens cassés
Le texte cliquable d'un lien externe doit nommer sa destination : « les farines du moulin Durand » renseigne mieux que « ce fournisseur ». Les règles sont celles de l'article sur l'ancre de lien. Si le lien s'ouvre dans un nouvel onglet, ce qui garde votre page ouverte, signalez-le dans le texte ou à côté. Vos propres profils sur les réseaux sociaux, eux aussi des liens externes, trouvent leur place en pied de page ou sur la page contact, loin du bouton d'action principal.
Les sites des autres changent : une page est supprimée, une adresse modifiée, une association disparaît. Un lien qui mène à une erreur 404, c'est-à-dire à une page introuvable, abîme la confiance que vous inspirez. Testez vos liens externes chaque trimestre : ouvrez-les un à un sur vos pages importantes, ou demandez un contrôle automatique à la personne qui gère votre site. Quand un lien est cassé, remplacez-le par la nouvelle adresse ou par une autre source, ou retirez-le en gardant le texte.
Un lien peut aussi mener vers une page qui existe encore mais ne traite plus du même sujet, après la refonte d'un site. Relisez la page d'arrivée en même temps que vous testez le lien.
Échanger des liens avec ses partenaires
Citer un partenaire réel, qui vous cite à son tour, n'a rien d'anormal : le plombier et le carreleur qui travaillent ensemble se recommandent sur leurs sites. Les règles de Google contre le spam visent les échanges excessifs, du type « je te lie si tu me lies », et les pages de partenaires créées uniquement pour se lier entre sites. Quelques repères évitent ce piège :
- limitez-vous aux professionnels avec qui vous travaillez vraiment ;
- décrivez chacun en une phrase : ce qu'il fait, où, pour qui ;
- n'exigez pas de lien en retour comme condition du vôtre ;
- marquez le lien comme sponsorisé quand il est la contrepartie d'un paiement ou d'un échange de services.
Une page « Partenaires » de cinq à dix noms bien choisis suffit. Une page qui liste trente sites sans rapport avec votre activité ressemble à un échange de liens organisé. Pour obtenir un lien en retour auprès des bons interlocuteurs, les pistes sont rassemblées dans l'article sur les liens locaux.
Votre liste de vérification
- Relevez les liens externes de vos cinq pages principales et testez chacun d'eux.
- Ajoutez un lien utile là où le lecteur en a besoin : une source officielle, un partenaire, un lieu.
- Marquez comme « sponsored » tout lien obtenu ou donné contre paiement. Pour une page partenaires, une page supplémentaire coûte 60 € HT sur un site de cinq pages chez nous, selon les tarifs.