Ahrefs Webmaster Tools : l'outil gratuit des propriétaires de sites
Ahrefs a la réputation d'un outil de spécialistes, réservé aux agences qui paient un abonnement. Peu de propriétaires de sites savent qu'une partie de ses fonctions leur est ouverte gratuitement : c'est le principe d'Ahrefs Webmaster Tools. Un commerçant ou un indépendant peut y trouver un audit technique de son site et la liste des sites qui parlent de lui, à condition de savoir quoi regarder.
Ahrefs et son accès réservé aux propriétaires
Ahrefs est une suite d'outils de référencement, connue en particulier pour sa base de liens : son robot parcourt le web en continu et recense les liens qui relient les sites entre eux. Sa version complète, payante, permet d'analyser n'importe quel site, y compris ceux de vos concurrents.
Ahrefs Webmaster Tools, souvent abrégé AWT, en ouvre une partie gratuitement, avec une condition : vous ne pouvez analyser que les sites dont vous prouvez être le propriétaire. Deux fonctions principales sont concernées :
- l'audit de site, qui parcourt vos pages et signale les problèmes techniques ;
- l'explorateur de site, qui montre les liens pointant vers vous et les mots-clés sur lesquels vos pages apparaissent, d'après les estimations d'Ahrefs.
Les volumes autorisés, comme le nombre de pages explorées chaque mois, sont plafonnés et évoluent : vérifiez-les dans votre compte. Pour un site de commerçant ou d'indépendant, ils suffisent en général.
Ouvrir votre accès gratuit
Créez un compte avec une adresse professionnelle que vous consultez, puis ajoutez votre site. Ahrefs vous demande alors de prouver qu'il vous appartient. Le plus simple consiste à importer votre site depuis Google Search Console, si elle est déjà en place : une autorisation suffit. Les autres méthodes passent par un enregistrement dans la zone DNS de votre nom de domaine, un fichier à déposer sur le serveur ou une balise à ajouter dans le code des pages.
Si un prestataire gère votre site, il peut faire la validation pour vous. Demandez-lui de créer le compte à votre nom, ou de vous y donner accès : vous garderez ces données le jour où vous changerez de prestataire.
L'audit : ce qu'il faut regarder en premier
Lancez un premier audit. Le robot d'Ahrefs parcourt vos pages, puis affiche un score de santé et une liste de problèmes classés en erreurs, avertissements et remarques. Ne vous arrêtez pas au score : sur un petit site, quelques pages en erreur suffisent à le faire chuter, et une page sans importance y pèse autant qu'une page de service.
Concentrez-vous d'abord sur ce qui gêne vos visiteurs et Google :
- les pages qui renvoient une erreur 404, et les liens internes qui y mènent ;
- les redirections en chaîne, qui passent par plusieurs adresses avant d'arriver ;
- les titres et les descriptions manquants ou identiques d'une page à l'autre ;
- les pages qu'aucun lien interne ne relie au reste du site ;
- les pages marquées noindex, une balise qui demande à Google de ne pas les afficher, alors qu'elles devraient apparaître.
Sur un site vitrine, on découvre souvent une ancienne promotion en erreur 404 encore liée depuis le menu, ou plusieurs pages de services coiffées du même titre. Notez pour chaque problème la page concernée et la correction à faire, puis relancez l'audit le mois suivant. Pour un examen plus fin, le logiciel Screaming Frog explore votre site depuis votre ordinateur selon une logique comparable.
Les liens qui pointent vers votre site
L'explorateur de site liste les domaines qui renvoient vers vous, les pages qui reçoivent ces liens et les textes cliquables utilisés. Repérez d'abord les liens que vous connaissez : fournisseurs, partenaires, mairie, presse locale, annuaires. Pour un commerce, un lien depuis le site d'une association ou d'un fournisseur vaut davantage qu'une série d'annuaires inconnus : il amène des visiteurs du coin et confirme votre ancrage local. La liste des liens perdus mérite aussi un coup d'œil : un partenaire qui a refait son site a peut-être retiré le lien, ou le fait pointer vers une page qui n'existe plus.
Ahrefs attribue à chaque site une note maison, le Domain Rating, censée refléter la force de ses liens. Google n'utilise pas ce chiffre, qui ne doit donc pas devenir un objectif ; il permet seulement de comparer des sites entre eux. Les liens étranges, venus d'annuaires inconnus ou de sites étrangers, sont courants : Google indique ignorer la plupart d'entre eux, et il n'y a en général rien à faire.
Comparez enfin cette liste avec le rapport Liens de la Search Console : les deux outils ne voient pas exactement les mêmes liens, et leurs écarts sont instructifs. Pour en obtenir de nouveaux, les pistes de l'article sur les liens locaux restent les plus sûres.
Limites et alternatives
AWT ne montre que vos propres sites. Pour observer un concurrent, il faut la version payante, ou les outils gratuits proposés sur le site d'Ahrefs, comme son vérificateur de liens, dont les résultats sont volontairement limités. Les mots-clés et le trafic affichés restent des estimations, souvent maigres pour un petit site local : la Search Console donne des chiffres plus justes.
Plusieurs outils gratuits complètent AWT ou le remplacent :
- Google Search Console, pour les recherches réelles et les liens connus de Google ;
- Bing Webmaster Tools, qui propose aussi un diagnostic technique et une liste de liens ;
- Screaming Frog, dans sa version gratuite, pour un audit lancé depuis votre ordinateur ;
- le compte gratuit de Semrush, pour quelques analyses ponctuelles.
Vos premiers pas dans AWT
- Créez votre compte et validez votre site, de préférence par la Search Console.
- Lancez l'audit et corrigez les erreurs qui touchent vos pages principales.
- Parcourez la liste de vos liens, puis notez les partenaires absents et les liens perdus à récupérer.
- Si l'audit révèle un site trop ancien pour être corrigé page par page, le configurateur de devis vous donne le prix d'un site neuf.