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Bluesky : faut-il y ouvrir un compte pour son entreprise ?

5 min de lecture

Un traducteur indépendant voit plusieurs de ses clients et confrères annoncer qu'ils publient désormais sur Bluesky. Doit-il suivre le mouvement, au risque d'ajouter un réseau de plus à entretenir ? La réponse tient à une question simple : les personnes qui comptent pour votre activité y sont-elles, et y échangent-elles vraiment ?

Ce qu'est Bluesky

Bluesky est un réseau social de messages courts, ouvert à tous depuis début 2024. Son fonctionnement rappelle celui de Twitter avant qu'il devienne X : des publications de quelques centaines de caractères au plus, des réponses, des republications, des fils de discussion. On peut y joindre des images, des vidéos courtes et des liens.

Sa particularité tient à son architecture. Le réseau repose sur un protocole ouvert, et chacun choisit les fils qu'il consulte : en plus du fil chronologique des comptes suivis, des fils thématiques créés par des utilisateurs rassemblent les publications sur une ville, un métier ou une passion. Les « starter packs », des listes de comptes composées par d'autres membres, aident les nouveaux venus à savoir qui suivre.

Qui l'utilise

Le public de Bluesky s'est d'abord formé autour de communautés précises : journalistes, chercheurs, enseignants, professionnels du numérique, de la culture et de l'édition, institutions publiques. Le grand public y reste moins présent que sur Facebook ou Instagram, et les plus jeunes lui préfèrent d'autres applications.

Cette composition varie d'une ville et d'un secteur à l'autre. Avant de décider, cherchez sur Bluesky vos clients, vos confrères, la presse locale et les acteurs de votre ville : leur présence et leur activité récente comptent plus que le nombre total d'inscrits.

Les entreprises à qui il peut servir

Les activités tournées vers les professionnels

Un consultant, un traducteur, un graphiste, un formateur ou un développeur web peut y suivre les conversations de son secteur, partager son expertise et rester visible auprès de clients qui le connaissent déjà. Le format convient aux réflexions courtes, aux liens vers les articles de votre site et aux échanges entre pairs. Un graphiste peut par exemple montrer une réalisation récente, accompagnée de deux phrases sur la demande du client, ou répondre à la question technique d'un confrère.

Les acteurs de la vie locale

Une librairie, une salle de spectacle, un café culturel ou une association de commerçants peut y annoncer ses événements et dialoguer avec les journalistes et les institutions de la ville. Un fil thématique consacré à votre ville, s'il existe, permet de suivre l'actualité locale et d'y apparaître. Pour les relations avec la presse, Bluesky prolonge utilement un bon communiqué, dont la méthode figure dans l'article sur le communiqué de presse local.

Quand s'abstenir

Un artisan du bâtiment, un restaurant de quartier ou un commerce qui recrute ses clients sur Google Maps et Instagram y gagnera rarement grand-chose. Son temps rapportera davantage sur sa fiche Google et son site. Pour un commerce tenté par un réseau de conversation, l'article sur Threads pour un commerce présente l'application de Meta, qui occupe un créneau voisin.

Bien démarrer son compte

  • Votre nom de domaine comme identifiant : Bluesky permet de remplacer l'identifiant par défaut par votre propre domaine, par exemple @votre-entreprise.fr. La manipulation passe par un réglage dans la zone DNS du domaine ou par un fichier déposé sur le site. Elle montre que le compte est bien le vôtre et complique les usurpations.
  • Un profil complet : nom de l'entreprise, logo lisible en petit, description qui dit ce que vous faites et où, lien vers votre site.
  • Une publication épinglée : placez en haut du profil un message qui présente votre activité et renvoie vers votre site, pour ceux qui découvrent votre compte.
  • Un accès maîtrisé : créez le compte avec une adresse e-mail professionnelle, rangez les accès dans un gestionnaire de mots de passe et activez les protections proposées, comme le code envoyé par e-mail à la connexion.
  • Des outils de modération : blocage, mise en sourdine et listes partagées permettent d'écarter les comptes indésirables sans y passer vos soirées.

Le temps à prévoir

Bluesky récompense la conversation plus que la diffusion. Un compte qui publie des annonces sans jamais répondre reste peu visible, car la découverte passe beaucoup par les réponses, les republications et les fils thématiques. La plateforme s'est construite sans publicité ciblée : la visibilité s'y gagne par la participation. Partager vos articles de blog avec une phrase d'accroche constitue un bon point de départ ; une réponse utile à une question posée dans votre secteur fait souvent davantage pour vous faire connaître.

Comptez une quinzaine de minutes, trois ou quatre fois par semaine, pour lire les fils de votre secteur, répondre à quelques messages et publier une ou deux fois. Des outils de programmation permettent de préparer des publications à l'avance, mais les réponses restent à faire soi-même. Si vous animez déjà un compte LinkedIn, demandez-vous si vous pourrez tenir un deuxième réseau ; l'article sur la page LinkedIn entreprise aide à décider où concentrer vos efforts.

Pour trancher en une semaine

  1. Cherchez sur Bluesky dix clients, confrères ou médias locaux, et notez lesquels ont publié dans le mois.
  2. Si plusieurs sont actifs, créez le compte, configurez votre nom de domaine comme identifiant et suivez leurs comptes.
  3. Participez pendant un mois sans chercher à vendre, puis faites le bilan des échanges obtenus. Pour que ces échanges mènent quelque part, votre site doit présenter clairement vos services : un site de cinq pages coûte 950 € HT chez nous, et le configurateur de devis calcule le total avec vos options.