Création & budget

Brief créatif : expliquer ce que vous attendez de votre site

5 min de lecture

Une seule page suffit pour que votre prestataire comprenne ce que vous attendez de votre site. Ce brief créatif réunit vos objectifs, vos clients, vos goûts et vos contraintes avant que la première maquette ne soit dessinée. Voici comment l'écrire en une heure, et ce qui le distingue du cahier des charges et du moodboard.

Brief, cahier des charges, moodboard : trois documents, trois rôles

Le brief créatif explique le pourquoi et l'esprit du site : à qui il parle, ce qu'il doit provoquer, quel ton il prend. Le cahier des charges décrit le quoi : pages, fonctions, contraintes techniques, délai et budget. Le moodboard montre le style en images, avec des sites, des photos, des couleurs et des polices.

Prenons un restaurant. Le brief dit « faire venir les familles du quartier le dimanche midi » ; le cahier des charges en déduit une page de menu enfant, la réservation en ligne et un plan d'accès.

Les trois se complètent, sans que vous deviez tous les produire. Pour un petit site, un brief d'une page accompagné de quelques images suffit souvent à lancer la maquette. Si votre prestataire vous envoie un questionnaire de départ, remplissez-le en vous appuyant sur votre brief.

Les huit rubriques d'un brief d'une page

  1. L'entreprise : activité, lieu, ancienneté et ce qui vous distingue, en trois lignes.
  2. Les objectifs : deux ou trois résultats attendus du site, classés. Par exemple recevoir des demandes de devis pour des terrasses en bois, ou remplir les ateliers du samedi.
  3. Les clients : qui ils sont, ce qu'ils cherchent en arrivant sur le site et l'appareil qu'ils utilisent le plus.
  4. Les concurrents et les références : deux ou trois sites de concurrents, deux ou trois sites que vous admirez, avec une phrase sur ce que vous retenez de chacun. Pour trouver les concurrents, tapez votre métier et votre ville dans Google, et notez ce que font les premiers sites.
  5. Le ton et le style : trois mots qui décrivent votre maison, trois mots qui la trahiraient, vos goûts et vos refus en matière de couleurs, de photos et de polices.
  6. Les contenus disponibles : logo, textes, photos, avis, et ce qui manque avec la personne chargée de le produire. Les contenus se font souvent attendre plus longtemps que la maquette : dites honnêtement ce qui existe déjà.
  7. Le calendrier : la date qui compte, vos disponibilités pour répondre et la personne qui valide.
  8. Le budget : une fourchette, même large, et ce qui peut se négocier.

Un fait derrière chaque adjectif

« Chaleureux », « moderne », « haut de gamme » : chaque lecteur imagine autre chose. Remplacez chaque adjectif par un fait ou une référence : « chaleureux » devient « photos de l'équipe au travail, bois clair, phrases courtes comme à l'oral », et « moderne » devient « grandes photos, peu de texte, un seul bouton par page ». Le graphiste n'a plus à deviner.

Dites aussi ce que vous refusez : une couleur, un type de photo, un vocabulaire, l'allure d'un site concurrent. Un refus clair évite plusieurs allers-retours. Voici un extrait, inventé, d'un brief de quelques lignes :

« Objectif : recevoir des demandes de devis pour des terrasses en bois autour d'Angers. Clients : propriétaires de maison qui comparent deux ou trois artisans avant d'appeler, le plus souvent depuis leur téléphone. Ton : direct et rassurant, avec des photos de chantiers réels et aucune photo de banque. À éviter : le noir et le néon, les longs textes sur mobile. »

Les erreurs qui affaiblissent un brief

  • La fonction sans le besoin : « je veux un carrousel » dit peu ; « je veux que les visiteurs découvrent nos trois offres » décrit le besoin et laisse le prestataire proposer la meilleure solution ;
  • Tout classer en priorité : quand dix objectifs passent en premier, aucun ne guide la maquette ;
  • Oublier le décideur : sans une personne qui valide, les retours s'accumulent et se contredisent ;
  • Cacher le budget : une fourchette permet au prestataire de proposer une solution réaliste sans deviner ;
  • Recopier un modèle trouvé en ligne, plein de rubriques sans rapport avec votre projet.

Que faire du brief une fois écrit

Envoyez-le avant le premier rendez-vous, avec le logo, quelques photos et les liens de vos références. Votre interlocuteur arrive alors avec des questions précises, et la première réunion avance plus vite. Si vous consultez plusieurs prestataires, donnez-leur le même brief : leurs propositions répondent aux mêmes questions et se comparent plus facilement.

Le prestataire s'en sert pour proposer une arborescence, un ton et une première direction graphique. Il peut aussi contester un point : s'il vous explique pourquoi un autre objectif serait plus rentable que celui que vous avez classé en premier, laissez la discussion s'ouvrir. Mettez le brief à jour après chaque échange important, et faites de la dernière version la référence commune.

Au moment de valider la maquette, ressortez-le : chaque objectif y trouve-t-il une réponse, le ton est-il celui annoncé ? L'article sur la validation d'une maquette détaille la méthode pour formuler des retours utiles.

Faites relire votre brief par une personne qui ne connaît pas votre métier. Chaque question qu'elle pose désigne une information qui manque.

Votre brief en une heure

  1. Chronométrez trente minutes pour remplir les huit rubriques, sans chercher le mot juste. Écrivez avec vos mots, comme vous le diriez à voix haute.
  2. Relisez-le le lendemain : ajoutez un exemple derrière chaque adjectif et supprimez ce qui répète un autre point.
  3. Joignez-le à votre demande de devis : le configurateur de devis part de votre activité, du type de site et des options, et le brief complète le reste.