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DNS : ce qu'il faut savoir quand on change de site

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Votre site a une adresse que vos clients retiennent, comme boulangerie-martin.fr, et une adresse technique faite de chiffres que personne ne retient. Le DNS fait le lien entre les deux, à la manière d'un annuaire qui associe un nom à un numéro. Tant qu'il fonctionne, on l'oublie ; au moment de changer de site ou d'hébergeur, quelques notions suffisent pour éviter une coupure.

L'annuaire d'internet en quelques mots

Chaque serveur connecté à internet possède une adresse IP, une suite de chiffres qui l'identifie. Le DNS, pour Domain Name System ou système de noms de domaine, traduit votre nom de domaine en adresse IP. Quand un visiteur tape votre adresse, son appareil interroge un serveur DNS, souvent celui de son fournisseur d'accès, qui trouve la réponse et la garde en mémoire un certain temps.

Les réglages de votre domaine sont rassemblés dans la zone DNS, une liste de lignes appelées enregistrements : ce sont eux que l'on désigne en parlant de « modifier ses DNS ». Cette zone est hébergée par des serveurs de noms, désignés dans la fiche du domaine chez le bureau d'enregistrement. Elle peut être gérée par ce bureau, par votre hébergeur, par la plateforme qui fait tourner votre site ou par un service spécialisé. Savoir qui la gère, c'est savoir qui appeler le jour où il faut y toucher.

Les lignes qui comptent pour une petite entreprise

Une zone DNS compte en général une dizaine de lignes. Cinq types reviennent presque toujours :

  • A : relie le domaine à l'adresse IP du serveur qui héberge le site. Sa variante AAAA fait de même pour les adresses de nouvelle génération, dites IPv6.
  • CNAME : crée un alias, en indiquant qu'un nom renvoie vers un autre. On l'utilise souvent pour le « www », ou pour relier une adresse à une plateforme de création de sites.
  • MX : désigne les serveurs qui reçoivent vos e-mails, avec un ordre de priorité.
  • TXT : contient du texte libre, en particulier les réglages qui authentifient vos e-mails et les codes qui prouvent que le domaine vous appartient, par exemple pour la Search Console.
  • NS : indique les serveurs de noms qui font autorité pour votre domaine.

Lire sa zone sans rien casser

Connectez-vous au compte de votre bureau d'enregistrement et cherchez la rubrique consacrée au DNS ou à la zone. Faites-en une copie complète, en exportant la liste ou par captures d'écran, et rangez-la avec vos accès. Ne supprimez jamais une ligne dont vous ignorez le rôle : elle sert peut-être votre messagerie ou un outil oublié.

Changer de site ou d'hébergeur : deux méthodes

Pour faire pointer votre domaine vers un nouveau site, deux façons de procéder existent, aux conséquences très différentes.

Modifier seulement les lignes du site

Vous laissez la zone où elle se trouve et vous changez les lignes A ou CNAME qui désignent le site. Les lignes MX et TXT restent intactes, et votre messagerie continue de fonctionner. C'est la méthode la plus prudente quand seul le site change.

Changer les serveurs de noms

Certaines plateformes demandent de remplacer les serveurs de noms par les leurs, ce qui déplace chez elles toute la gestion de la zone. Toute ligne qui n'y est pas recréée disparaît, y compris celles de la messagerie. Avant d'accepter, demandez qui recréera les lignes MX et TXT, puis contrôlez leur présence dans la nouvelle zone le jour de la bascule.

Dans les deux cas, pensez aux deux formes de l'adresse, avec et sans « www » : chacune doit mener au site, l'une redirigeant vers l'autre. L'article pour changer d'hébergeur sans rien casser replace ces réglages dans l'ordre complet des opérations. Changer de bureau d'enregistrement est une autre opération, décrite dans l'article sur le transfert d'un nom de domaine.

La propagation : pourquoi rien n'est instantané

Chaque ligne porte un TTL, pour Time To Live, une durée de conservation en mémoire exprimée en secondes. Tant que ce délai n'est pas écoulé, les serveurs qui ont déjà interrogé votre zone continuent de donner l'ancienne réponse. On appelle propagation cette période pendant laquelle une partie des visiteurs voit l'ancien site et une autre le nouveau.

Selon les réglages, elle dure de quelques minutes à quelques heures, parfois un à deux jours, et un changement de serveurs de noms demande souvent plus de patience qu'une simple modification de ligne. Pour l'accélérer, faites réduire le TTL un ou deux jours avant la bascule. Gardez l'ancien hébergement actif pendant ce temps, et suivez le résultat avec un outil de contrôle DNS en ligne, qui interroge des serveurs situés dans plusieurs pays.

Vos e-mails, les premiers exposés

Un site absent quelques heures se remarque vite. Des e-mails perdus passent inaperçus pendant des jours : un client vous écrit, son message lui revient ou disparaît, et vous l'apprenez trop tard. Trois erreurs sont fréquentes :

  • des lignes MX supprimées ou modifiées par erreur, qui coupent la réception ;
  • des lignes TXT oubliées, qui privent vos envois de leur authentification et les font classer en indésirables, comme l'explique l'article sur SPF, DKIM et DMARC ;
  • un formulaire de contact qui envoie ses messages par un serveur absent de ces réglages.

Après chaque modification, envoyez un message vers votre adresse professionnelle depuis une messagerie extérieure, puis répondez-y. Ce test de deux minutes vaut bien des outils.

Avant toute intervention de votre prestataire, demandez-lui la liste écrite des lignes qu'il va modifier ou ajouter. En la comparant avec votre copie de la zone, vous repérerez tout de suite une ligne disparue.

Avant votre prochain changement

  1. Identifiez qui gère votre zone DNS et faites-en une copie complète dès aujourd'hui.
  2. Pour un nouveau site, préférez la modification des seules lignes du site, et faites réduire le TTL un ou deux jours avant.
  3. Testez le site et la messagerie juste après la bascule, puis le lendemain. Si un nouveau site se prépare, précisez dans votre demande de devis où sont gérés votre domaine et vos e-mails.