Changer d'hébergeur : les étapes pour ne rien casser
L'avis de renouvellement de votre hébergement vient d'arriver, plus cher que l'an dernier, alors que le site rame et que le support met deux jours à répondre. Changer d'hébergeur règle souvent ces problèmes, à condition de déplacer chaque élément dans le bon ordre. Mal préparé, le déménagement peut couper vos e-mails ou afficher une page d'erreur pendant plusieurs jours.
Les bonnes raisons de partir
Un hébergeur se quitte rarement sur un coup de tête. Les motifs de départ sont en général très concrets :
- le prix : un tarif d'appel la première année, puis un renouvellement nettement plus élevé ;
- la lenteur : un serveur surchargé ou des logiciels anciens qui ralentissent l'affichage, même pour un site léger ;
- le support : des réponses tardives, en anglais seulement, ou qui renvoient sans cesse vers une documentation ;
- la localisation des données : des serveurs situés dans l'Union européenne simplifient le respect du RGPD ;
- les services : pas de sauvegardes sérieuses, pas de certificat HTTPS automatique, pas d'adresse de test.
Ce que le déménagement ne touche pas
Changer d'hébergeur n'oblige ni à transférer votre nom de domaine, ni à quitter votre prestataire web. Le domaine peut rester chez son bureau d'enregistrement : seuls ses réglages DNS changeront pour pointer vers le nouveau serveur. Si vous comptez aussi déplacer le domaine, suivez la procédure décrite dans l'article sur le transfert d'un nom de domaine ; si c'est votre agence que vous quittez, l'article sur le changement de prestataire web détaille les précautions propres à ce cas. Évitez de tout changer le même jour.
L'inventaire avant de toucher à quoi que ce soit
Un site repose sur plusieurs éléments, qu'il faudra tous retrouver chez le nouvel hébergeur. Dressez-en la liste avec votre prestataire, ou seul si vous gérez le site vous-même :
- les fichiers du site, accessibles par une connexion FTP ou SFTP, qui permet de les copier ;
- la base de données, à exporter, avec ses identifiants de connexion ;
- la configuration du serveur : version de PHP, le langage de programmation de nombreux sites, règles de redirection, tâches programmées ;
- les e-mails, s'ils sont hébergés au même endroit, avec le nombre de boîtes et leur contenu ;
- la zone DNS, où qu'elle soit gérée, copiée ligne par ligne ;
- le certificat HTTPS, qui devra être émis à nouveau chez le nouvel hébergeur ;
- les services reliés : paiement en ligne, outil de réservation, envoi des formulaires, qui dépendent parfois de l'adresse du serveur.
Commencez par une sauvegarde complète, fichiers et base de données, conservée hors de l'ancien serveur. L'article sur la sauvegarde d'un site internet précise ce qu'elle doit contenir.
L'ordre des opérations
- Ouvrez le compte chez le nouvel hébergeur, à votre nom.
- Copiez les fichiers, importez la base de données et adaptez les réglages de connexion.
- Si la messagerie déménage aussi, créez les nouvelles boîtes et copiez-y les anciens messages.
- Testez le site à une adresse provisoire, comme décrit plus bas.
- Un ou deux jours avant la bascule, faites réduire le TTL, la durée pendant laquelle les réseaux gardent en mémoire les anciens réglages.
- Le jour venu, suspendez les modifications du site, puis recopiez une dernière fois la base de données si des commandes ou des messages sont arrivés entre-temps.
- Modifiez les enregistrements DNS pour faire pointer le domaine vers le nouveau serveur, ainsi que les lignes MX, qui indiquent où livrer le courrier, si la messagerie change.
- Vérifiez l'émission du certificat HTTPS, puis contrôlez le site de bout en bout.
Choisissez un jour calme pour votre activité, loin de vos temps forts commerciaux. Selon les réglages, le changement peut mettre quelques heures à atteindre tous les visiteurs.
Tout vérifier à une adresse provisoire
Le nouvel hébergeur fournit souvent une adresse provisoire, ou une méthode pour afficher le site installé chez lui avant que le domaine pointe vers son serveur. Profitez-en pour tout vérifier pendant que vos clients voient encore l'ancien site :
- chaque page s'affiche, images et documents compris ;
- les formulaires envoient leurs messages, et ceux-ci arrivent bien ;
- l'administration fonctionne, et vous pouvez modifier une page ;
- la boutique ou la réservation fonctionne en mode test ;
- les redirections existantes répondent toujours ;
- le site s'affiche au moins aussi vite qu'avant.
Demandez aussi au nouvel hébergeur à quel moment le certificat HTTPS sera émis : s'il ne l'est qu'après la bascule, le site peut afficher un avertissement de sécurité pendant un court moment. Les formulaires qui envoient des e-mails demandent parfois de nouveaux réglages d'envoi, faute de quoi leurs messages risquent de finir en indésirables.
Garder l'ancien hébergement quelques semaines
Ne résiliez pas l'ancien contrat le jour de la bascule. Gardez-le actif quelques semaines : en cas de problème, vous pourrez revenir en arrière en modifiant à nouveau les réglages DNS. Vous aurez aussi le temps de récupérer les derniers e-mails arrivés sur les anciennes boîtes pendant la transition.
Pour ne pas payer une année de plus, lancez le déménagement un ou deux mois avant la date de renouvellement, et vérifiez le préavis prévu par les conditions de l'ancien hébergeur. Une fois tout validé, téléchargez une dernière sauvegarde, demandez la suppression des données restées sur l'ancien serveur, en particulier celles de vos clients, puis mettez à jour votre liste d'accès.
Trois rendez-vous à noter dans l'agenda
- Deux mois avant le renouvellement : inventaire, sauvegarde complète et ouverture du nouveau compte.
- Quelques semaines avant : installation, tests à l'adresse provisoire, préparation des e-mails et réduction du TTL.
- Le jour de la bascule et les semaines suivantes : modification des DNS, contrôles, puis résiliation de l'ancien contrat. Si le déménagement révèle un site trop ancien pour être migré proprement, une refonte coûte chez nous le même prix qu'une création du même type : les montants sont publiés sur la page des tarifs.