Transférer son nom de domaine sans couper le site ni les e-mails
Le transfert s'est bien passé : le domaine apparaît dans votre nouveau compte, à votre nom. Depuis ce matin, pourtant, plus aucun e-mail n'arrive, et le site affiche une erreur. Pour transférer son nom de domaine sans coupure, il faut soigner la procédure administrative et, plus encore, les réglages qui l'accompagnent.
Trois éléments à ne pas confondre
Votre présence en ligne repose sur trois éléments distincts, parfois réunis chez le même prestataire :
- le nom de domaine, enregistré et renouvelé chez un bureau d'enregistrement ;
- la zone DNS, la liste des réglages qui indiquent où trouver le site, où livrer les e-mails et quels services peuvent écrire en votre nom ;
- l'hébergement du site et la messagerie, les serveurs qui stockent vos pages et vos boîtes e-mail.
Le lien entre le domaine et sa zone passe par les serveurs de noms, inscrits dans la fiche du domaine. Tant qu'ils ne changent pas, ce sont les mêmes serveurs qui répondent pour votre domaine, quel que soit le bureau d'enregistrement.
Un transfert change seulement le bureau d'enregistrement. Le problème survient quand la zone DNS était gérée par l'ancien bureau : en partant, le domaine peut perdre ses réglages, et votre site comme vos e-mails deviennent introuvables. Les notions de base sont rappelées dans le guide sur le nom de domaine et l'hébergement.
Les vérifications préalables
On transfère un domaine pour regrouper ses services chez un même prestataire, pour quitter un fournisseur qui ne convient plus ou pour récupérer le domaine dans un compte à son nom. Quelle que soit la raison, quelques vérifications évitent les mauvaises surprises :
- Le titulaire : le domaine doit être à votre nom, avec une adresse e-mail de contact qui fonctionne, car les messages de confirmation y sont souvent envoyés.
- La date d'expiration : évitez de lancer un transfert à quelques jours de l'échéance, et renouvelez d'abord si besoin.
- Les restrictions : certaines extensions interdisent le transfert pendant une période qui suit l'enregistrement ou un précédent transfert.
- La zone DNS : faites-en une copie complète, ligne par ligne, avant toute démarche.
- La messagerie : si vos boîtes e-mail sont hébergées chez l'ancien bureau, leur déménagement est un chantier à part, décrit dans le guide pour changer de prestataire web.
- Le calendrier : choisissez une période calme pour votre activité, loin de vos temps forts commerciaux.
La procédure en quatre étapes
- Déverrouiller le domaine chez le bureau actuel : une option, souvent appelée verrou ou protection contre le transfert, bloque tout départ tant qu'elle est active.
- Obtenir le code de transfert, appelé aussi code d'autorisation ou code AUTH, depuis votre compte ou auprès du support.
- Commander le transfert chez le nouveau bureau et saisir ce code. Selon l'extension, l'opération peut s'accompagner d'un renouvellement payant.
- Confirmer : selon les cas, un e-mail de validation est envoyé au titulaire, et l'ancien bureau peut accepter le départ ou le laisser aboutir après un délai.
Comptez quelques jours au total, parfois moins. Gardez ce code pour vous : il donne le pouvoir de déplacer votre domaine. Le transfert ne déplace pas le site, qui reste chez son hébergeur : seuls la gestion et le renouvellement du domaine changent de mains.
Garder le site et les e-mails en marche
La méthode la plus sûre consiste à changer une seule chose à la fois. Avant le transfert, demandez à l'ancien bureau si la zone DNS restera active une fois le domaine parti. Si oui, laissez-la en place et déplacez-la plus tard, dans une étape distincte. Si non, recréez-la à l'identique chez le nouveau bureau avant de lancer l'opération.
Un ou deux jours avant le transfert, faites aussi réduire le TTL, la durée pendant laquelle les réseaux gardent vos réglages en mémoire : si une correction s'impose, elle se propagera plus vite. Comparez ensuite les deux zones ligne par ligne, en particulier :
- les lignes qui pointent vers le site, souvent de type A ou CNAME ;
- les lignes MX, qui indiquent où livrer les e-mails ;
- les lignes TXT, où figurent notamment les réglages SPF et DKIM et les codes de vérification de Google ou de vos outils.
Les réglages SPF et DKIM sont présentés dans l'article sur l'adresse mail professionnelle. Si une option de sécurité appelée DNSSEC est activée, demandez aux deux bureaux comment la gérer pendant l'opération : mal coordonnée, elle peut rendre le domaine injoignable.
Après le transfert
Une fois l'opération terminée, faites le tour des points suivants :
- le domaine apparaît dans le nouveau compte, à votre nom, avec la bonne date d'expiration ;
- le renouvellement automatique et le verrou de transfert sont réactivés ;
- le site s'ouvre en HTTPS, et les formulaires envoient bien leurs messages ;
- les e-mails partent et arrivent, depuis et vers une messagerie extérieure ;
- les outils reliés au domaine, comme la Search Console, le reconnaissent toujours.
Ne fermez l'ancien compte qu'après quelques jours sans incident, en vérifiant qu'il n'héberge plus rien d'autre. Mettez enfin à jour votre liste d'accès avec l'identifiant du nouveau compte et son adresse de récupération. Les réflexes qui évitent l'expiration d'un domaine sont réunis dans l'article sur le nom de domaine expiré.
Votre transfert sans surprise
- Vérifiez le titulaire, l'adresse de contact et la date d'expiration du domaine.
- Copiez la zone DNS complète, puis décidez si elle reste en place pendant le transfert ou si elle est recréée avant.
- Lancez le transfert un jour calme et testez site, formulaires et e-mails dès sa fin.
- Si ce transfert accompagne la création d'un nouveau site, précisez-le dans votre demande via le configurateur de devis.