Création & budget

Fausses factures de nom de domaine : reconnaître les arnaques

5 min de lecture

Le courrier a tout d'une facture : un logo, un numéro de dossier, votre nom de domaine en gras et une date limite de paiement. En lisant les petites lignes, on découvre une simple offre de service, émise par une société que vous n'avez jamais sollicitée. L'arnaque au nom de domaine prend plusieurs formes, que l'on apprend vite à reconnaître.

Quatre scénarios à connaître

La fausse facture de renouvellement

Par courrier ou par e-mail, une société vous annonce l'expiration prochaine de votre domaine et vous invite à régler son renouvellement. Elle n'a aucun lien avec votre bureau d'enregistrement, la société chez qui le domaine est réservé. Payer revient au mieux à souscrire un service inutile, au pire à accepter le transfert de votre domaine chez elle, à un tarif bien plus élevé.

L'offre venue d'un registraire lointain

Un e-mail, souvent signé d'un prétendu registraire asiatique, vous prévient qu'une entreprise demande à réserver votre nom dans des extensions comme le .cn ou le .asia. Par courtoisie, dit-il, il vous laisse la priorité. Le concurrent n'existe pas : le message cherche à vous vendre, dans l'urgence, une série de domaines dont vous n'avez pas besoin. Si quelqu'un a réellement réservé un domaine qui reprend votre nom, la marche à suivre est différente : l'article sur le cybersquatting la décrit.

Le faux annuaire

Un formulaire vous demande de « vérifier » ou de « mettre à jour » votre fiche dans un annuaire professionnel. Les petites lignes, parfois au dos, vous engagent dans un abonnement payant, sur une ou plusieurs années. Ces sollicitations arrivent par courrier, par e-mail ou par téléphone, et la DGCCRF met en garde contre elles sur economie.gouv.fr. Avant de signer quoi que ce soit, cherchez le nom de la société sur internet : d'autres entreprises ont parfois déjà raconté leur mésaventure.

L'alerte sur votre référencement

Un message titré comme un avis d'expiration annonce que le référencement de votre domaine va prendre fin. Rien n'expire pourtant : la présence d'un site dans Google ne s'achète ni ne se renouvelle auprès d'un tiers. L'offre consiste à soumettre votre site à des moteurs de recherche, un service sans intérêt. L'article sur les arnaques au référencement recense d'autres promesses du même genre.

Retrouver qui gère vraiment votre domaine

Pour démasquer une fausse facture, il suffit de connaître votre vrai bureau d'enregistrement. Vous le trouverez :

  • sur vos factures habituelles de nom de domaine, ou dans le compte client qui sert à le renouveler ;
  • dans votre contrat avec votre prestataire web, si c'est lui qui gère le domaine pour vous ;
  • grâce à l'annuaire Whois, consultable gratuitement en ligne, qui affiche le nom du bureau d'enregistrement et la date d'expiration réelle du domaine.

Si votre prestataire a réservé le domaine, demandez-lui une confirmation écrite que vous en êtes bien le titulaire ; la question est approfondie dans l'article sur la propriété de votre site. Notez ensuite le nom du bureau d'enregistrement et la date d'expiration à un endroit où toute personne qui ouvre le courrier pourra les retrouver.

Les signaux qui doivent alerter

Un seul de ces signes ne prouve rien, mais leur accumulation doit vous faire réagir :

  • une société inconnue, absente de toutes vos factures précédentes ;
  • une urgence appuyée : « dernier avis », « suspension imminente », « réponse immédiate exigée » ;
  • un montant sans rapport avec ce que vous payez d'habitude ;
  • les mots « offre », « proposition » ou « abonnement » cachés dans les petites lignes ;
  • un bon de commande déguisé en simple formulaire de mise à jour ;
  • un paiement par virement vers un compte que vous ne connaissez pas, parfois à l'étranger.

Regardez aussi l'adresse de l'expéditeur : un domaine sans rapport avec la société annoncée, ou une messagerie gratuite, doit vous mettre en garde. Dans le doute, n'utilisez jamais les liens ni le numéro de téléphone du message. Connectez-vous vous-même au compte de votre bureau d'enregistrement, ou appelez votre prestataire au numéro que vous connaissez déjà.

Vous avez répondu ou payé : les bons gestes

Si vous n'avez rien payé, ne répondez pas et conservez le document : il servira si vous décidez de le signaler. Si vous avez signé un bon de commande, relisez les conditions et contestez par écrit, en gardant une copie de vos envois. Si vous avez payé, contactez votre banque au plus vite : elle vous dira ce qui reste possible selon le moyen de paiement utilisé. Prévenez aussi votre prestataire web, qui vérifiera que votre domaine n'a pas changé de mains et que vos accès sont intacts.

Vous pouvez ensuite signaler l'arnaque :

  • sur signal-arnaques.com, un site participatif où chacun décrit les tentatives d'escroquerie reçues ;
  • auprès de la DGCCRF, le service de la répression des fraudes, dont le site economie.gouv.fr présente les démarches ;
  • sur cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif public d'assistance aux victimes, si le message cherchait aussi à voler vos identifiants ;
  • par une plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, si vous avez perdu de l'argent.

Ce que vous pouvez faire aujourd'hui

  1. Retrouvez le nom de votre bureau d'enregistrement et la date d'expiration de chacun de vos domaines.
  2. Activez le renouvellement automatique et indiquez une adresse de contact que vous lisez vraiment : à force de recevoir de faux rappels, on finit par ignorer le vrai, un piège évoqué dans l'article sur le nom de domaine expiré.
  3. Prévenez la personne qui ouvre le courrier ou règle les factures : seul ce bureau d'enregistrement, ou votre prestataire, peut vous facturer votre domaine.
  4. Au moment de faire créer ou refaire votre site, demandez que le domaine soit enregistré au nom de votre entreprise ; le configurateur de devis indique le prix de chaque formule.