Groupes Facebook de quartier : se faire connaître sans être lourd
Chaque matin, l'administratrice bénévole d'un groupe de quartier trie les publications en attente : une question sur les travaux de la rue, un chat perdu, et trois annonces commerciales copiées à l'identique dans tous les groupes du département. Les annonces finiront à la corbeille. Dans un groupe Facebook local, les professionnels qui se font connaître durablement se comportent d'abord en voisins utiles, et ne parlent de leur commerce qu'au bon moment.
Choisir les bons groupes
Autour de vous, plusieurs types de groupes réunissent vos futurs clients :
- le groupe de la commune ou du quartier, où l'on parle travaux, fêtes et bonnes adresses ;
- les groupes d'entraide entre voisins et ceux des nouveaux arrivants, dont les membres cherchent tout, du médecin au plombier ;
- les groupes de parents d'une école ou d'un secteur ;
- les groupes thématiques ancrés dans votre ville : jardinage, vélo, randonnée, bons plans.
Avant d'en rejoindre un, regardez s'il vit vraiment : des publications récentes, des questions qui reçoivent des réponses, des administrateurs présents. Deux ou trois groupes actifs, suivis avec régularité, valent mieux qu'une longue liste parcourue en coup de vent.
On rejoint la plupart des groupes avec son profil personnel. Selon les réglages choisis par les administrateurs, certains acceptent aussi qu'une page professionnelle y participe. Répondez honnêtement aux questions posées à l'entrée, y compris sur votre activité.
Lire le règlement avant le premier message
Chaque groupe a ses règles, fixées par ses administrateurs. Elles figurent en général dans la section « À propos », dans une publication épinglée en haut du groupe ou dans les questions d'admission. Plusieurs concernent directement les professionnels :
- la publicité interdite, ou réservée à un jour de la semaine ;
- les annonces soumises à validation avant publication ;
- les liens vers des sites extérieurs limités ou proscrits ;
- l'obligation de se présenter comme professionnel dès qu'on parle de son activité.
Si un point vous semble flou, écrivez aux administrateurs avant de publier : présentez-vous, expliquez ce que vous aimeriez partager et demandez comment procéder. Cette démarche montre que vous respectez leur travail. Elle vous évite surtout une publication supprimée, voire une exclusion, qui se remarque vite dans une petite ville.
Aider avant de vendre
Répondre aux questions de votre métier
Une habitante demande pourquoi son chauffe-eau fait du bruit, un voisin cherche des plantes qui supportent un balcon en plein soleil. Si c'est votre domaine, répondez par un vrai conseil, en quelques lignes, et précisez simplement que vous êtes du métier. Inutile d'ajouter votre numéro à chaque fois : la qualité de la réponse suffit, et ceux qui veulent aller plus loin cliqueront sur votre nom.
Recommander les autres quand ce n'est pas pour vous
Quand la question sort de votre domaine, citez un confrère ou un commerçant voisin que vous estimez. Ce réflexe montre que vous connaissez votre quartier, et ceux que vous recommandez vous renverront peut-être l'ascenseur. Évitez en revanche toute critique d'un concurrent, même voilée.
Partager ce qui intéresse le quartier
Un objet perdu retrouvé dans votre boutique, une collecte pour une association, une rue fermée qui complique l'accès : ces informations rendent service. Elles font aussi connaître votre nom sans rien vendre.
Annoncer un événement quand le groupe le permet
Portes ouvertes, atelier, dégustation, soirée au profit d'une association : si le règlement l'autorise, un événement se prête mieux à une annonce qu'une promotion. Une bonne publication indique ce qui se passe, la date et l'heure, l'adresse, le prix ou la gratuité. Ajoutez une vraie photo et un lien vers l'événement Facebook ou vers la page de votre site.
Publiez une fois, avec éventuellement un rappel la veille si les règles le permettent, et répondez vite aux questions posées en commentaire. Ne collez pas le même texte dans tous les groupes du secteur le même jour : les membres inscrits à plusieurs groupes le voient passer en boucle, et Facebook peut le traiter comme du spam. Pensez aussi à faire apparaître vos événements sur Google, où d'autres habitants les chercheront.
Votre profil, votre page et les recommandations
Un membre intrigué par votre réponse cliquera sur votre nom. Vérifiez ce qu'un inconnu voit de votre profil personnel, et indiquez votre activité avec un lien vers votre page professionnelle. Cette page doit être à jour : horaires, téléphone, photos récentes, adresse du site. L'article sur la page Facebook d'un restaurant détaille son entretien, valable pour tout commerce.
Les plus curieux finissent souvent sur votre site. S'il manque ou s'il date, le configurateur de devis chiffre un projet en quelques minutes.
Quand quelqu'un demande un bon électricien et qu'un client vous cite, remerciez-le simplement. Vous pouvez aussi répondre vous-même, en vous présentant clairement comme l'entreprise concernée. Ne créez jamais de faux profils, ne demandez ni à vos proches ni à vos salariés de se faire passer pour des clients, et ne payez personne pour vous recommander. Ces faux témoignages relèvent des pratiques commerciales trompeuses surveillées par la DGCCRF et enfreignent les règles de Facebook.
Une critique publique dans le groupe ? Répondez une fois, avec calme et des faits, puis proposez de poursuivre en message privé. La méthode pour répondre à un avis négatif s'applique ici aussi.
Vos premières semaines dans les groupes
- Repérez deux ou trois groupes actifs de votre secteur et lisez leur règlement en entier.
- Mettez à jour votre profil public et votre page professionnelle avant d'intervenir.
- Répondez chaque semaine à une question qui touche votre métier, sans lien ni numéro.
- Pour votre prochain événement, demandez aux administrateurs si et quand vous pouvez l'annoncer.