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Pixel Meta (Facebook) : l'installer en respectant le RGPD

5 min de lecture

Faut-il installer le pixel que Meta vous suggère au moment de lancer votre première publicité sur Facebook ou Instagram ? Ce petit code, appelé pixel Facebook ou désormais pixel Meta, informe Meta de ce que font vos visiteurs sur votre site. Utile pour mesurer vos annonces, il ne peut se charger qu'avec l'accord du visiteur, et il ne sert pas à tout le monde.

À quoi sert le pixel

Une fois installé, le pixel transmet à Meta les pages vues et les actions accomplies sur votre site. Meta rapproche ces informations des comptes Facebook et Instagram de vos visiteurs, quand ils en possèdent un, ce qui ouvre trois usages :

  • mesurer : savoir combien de demandes, de réservations ou d'achats ont suivi une annonce ;
  • cibler : montrer une publicité aux personnes qui ont déjà visité votre site, ce qu'on appelle le reciblage, ou à des profils jugés proches ;
  • optimiser : laisser Meta diffuser l'annonce en priorité aux personnes susceptibles d'accomplir l'action choisie.

Les actions suivies s'appellent des événements. Meta propose des événements standards, comme l'envoi d'un formulaire (Lead), la prise de rendez-vous (Schedule) ou l'achat (Purchase), et vous retenez ceux qui correspondent à votre activité.

Il existe aussi une API Conversions, proposée par Meta, qui transmet ces événements depuis le serveur du site plutôt que depuis le navigateur du visiteur. Ce changement technique ne dispense pas de recueillir son accord avant de partager ses données à des fins publicitaires.

Le consentement, avant tout chargement

Le pixel dépose et lit des cookies, puis transmet des données de navigation à Meta pour la publicité. En France, la CNIL considère que ce type de traceur exige le consentement préalable du visiteur, et c'est à vous, éditeur du site, de le recueillir. En pratique :

  • le pixel ne se charge pas tant que le visiteur n'a pas accepté, et pas du tout s'il refuse ;
  • le bandeau présente la finalité, publicité ciblée et mesure des annonces, ainsi que le destinataire, Meta ;
  • refuser est aussi simple qu'accepter, et le visiteur peut changer d'avis à tout moment ;
  • la politique de confidentialité mentionne le pixel, les données concernées et le moyen de s'y opposer.

Conséquence directe : les statistiques de Meta ne compteront que les visiteurs qui ont accepté. C'est normal, et cela suffit pour comparer deux annonces entre elles. Les fiches pratiques de cnil.fr détaillent ces règles, et l'article sur le RGPD et les cookies en résume les bases.

Deux précautions supplémentaires s'imposent. La correspondance avancée, que Meta suggère d'activer, transmet en plus des informations saisies par le visiteur, comme son adresse e-mail, sous une forme dite hachée, transformée en suite de caractères, qui reste une donnée personnelle : ne l'activez qu'en connaissance de cause, et mentionnez-la dans votre information. Évitez enfin le pixel sur les pages qui révèlent une information sensible, comme la santé d'une personne.

Les façons de l'installer

Par l'intégration de votre outil de site

La plupart des solutions de boutique en ligne et des créateurs de sites proposent une intégration avec Meta, sous forme d'extension ou de champ où coller l'identifiant du pixel. C'est la voie la plus simple, à condition de vérifier que le bandeau de consentement contrôle bien son chargement.

Par Google Tag Manager

Si votre site utilise déjà plusieurs outils de suivi, le pixel peut rejoindre les autres balises dans Google Tag Manager, avec un déclencheur lié au consentement.

Directement dans le code

La personne qui gère votre site peut aussi l'ajouter à la main dans les pages, en le reliant au bandeau. Quelle que soit la méthode, testez le résultat : le gestionnaire d'événements de Meta comporte un outil de test qui affiche les événements reçus. Refusez les cookies, rechargez la page et vérifiez que rien n'arrive.

Ce qu'un commerce local a intérêt à mesurer

Inutile de tout suivre. Choisissez les deux ou trois actions qui correspondent au but de vos annonces :

  • l'envoi d'un formulaire de contact ou de devis, repéré grâce à la page de remerciement ;
  • la confirmation d'une réservation ou d'un rendez-vous, si votre outil le permet ;
  • l'achat, pour une boutique en ligne ;
  • le clic sur votre numéro de téléphone ou sur l'itinéraire, pour un commerce où l'on vient sur place.

Chaque événement supplémentaire représente une donnée de plus confiée à Meta. Et le pixel ne voit pas le client qui pousse la porte de la boutique : gardez l'habitude de demander à chaque nouveau client comment il vous a connu.

Quand mieux vaut s'en passer

Le pixel n'a d'intérêt que si vous diffusez des publicités Meta qui renvoient vers votre site. Si vous mettez seulement en avant des publications pour gagner des abonnés ou recevoir des messages, il n'apporte rien. L'article sur la publicité Facebook et Instagram pour un commerce local aide à choisir la bonne formule.

Passez-vous-en aussi si votre public local est trop réduit pour former des groupes de reciblage utiles, si votre activité touche à des informations sensibles, ou si votre bandeau ne sait pas bloquer le pixel avant le consentement. Des liens étiquetés, dits liens UTM, suffisent alors à savoir quelles annonces amènent des visites, sans pixel publicitaire.

Pour bien démarrer

  1. Vérifiez que vos annonces Meta renvoient vraiment vers votre site ; sinon, n'installez rien.
  2. Assurez-vous que votre bandeau bloque le pixel avant le consentement, puis faites le test du refus.
  3. Limitez le suivi à deux ou trois événements, et complétez votre politique de confidentialité.
  4. Si votre site actuel ne permet pas ces réglages, le configurateur de devis vous donne le prix d'un site neuf en quelques clics.