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Joomla : un CMS encore pertinent pour un petit site ?

6 min de lecture

Vous reprenez le site d'une association ou d'un ancien prestataire, et la page de connexion à l'administration affiche un nom que vous connaissez à peine : Joomla. Ce système de gestion de contenu, ou CMS, vit dans l'ombre de WordPress, mais il fait encore tourner de nombreux sites. Faut-il le garder, le quitter ou le choisir pour un nouveau projet ?

Joomla en quelques mots

Joomla est un logiciel libre et gratuit, né en 2005 et entretenu par une communauté de bénévoles. Comme WordPress, il s'installe sur un hébergement que vous louez : un thème, nommé « template » dans le vocabulaire de Joomla, règle l'apparence du site, et des extensions ajoutent des fonctions.

Vous modifiez les contenus depuis une administration protégée par un mot de passe, dont l'adresse se termine souvent par /administrator. Joomla appartient à la famille des logiciels libres à installer, présentée dans l'article sur le fonctionnement d'un CMS.

Vous ignorez quel CMS fait tourner votre site ? Ajoutez /administrator à la fin de son adresse dans le navigateur : si la page de connexion de Joomla s'affiche, vous avez la réponse. Cette page n'apparaît pas si votre prestataire l'a déplacée.

Ce que Joomla fait bien

Trois qualités expliquent pourquoi certains sites lui restent fidèles :

  • Le multilingue intégré : on installe les langues voulues, on rédige chaque page dans chacune et on relie les traductions entre elles, sans extension supplémentaire. Un gîte ou une entreprise qui reçoit des clients étrangers y trouve son compte.
  • Des droits d'accès précis : vous décidez qui lit, qui écrit et qui publie, groupe par groupe et rubrique par rubrique. Une association peut ainsi réserver des pages à ses adhérents, ou laisser un bénévole rédiger sans pouvoir publier.
  • Une organisation solide des contenus : catégories imbriquées, étiquettes et champs personnalisés aident à ranger un site qui compte beaucoup de pages du même type, comme des fiches, des programmes ou un annuaire.

Ces fonctions font partie du logiciel. Vous avez donc moins d'extensions à choisir, à payer et à mettre à jour.

Ses limites face à WordPress

Un écosystème plus petit

WordPress compte beaucoup plus de thèmes, d'extensions et de tutoriels, et de nombreux outils de réservation, de paiement ou de newsletter proposent d'abord une extension pour lui. Sur Joomla, le choix est plus restreint, et une fonction précise demande parfois un développement sur mesure. L'entretien, la vitesse et l'autonomie, communs à tous les CMS à installer, sont détaillés dans le comparatif WordPress ou site sur mesure.

Moins de prestataires

Les professionnels qui maîtrisent Joomla sont moins nombreux. Trouver quelqu'un de disponible, pour une panne comme pour une évolution, prend plus de temps. Avant de choisir, demandez au professionnel deux ou trois sites récents réalisés avec cet outil, et la version de Joomla qu'ils utilisent.

Une administration dense

L'administration de Joomla offre énormément de réglages, ce qui déroute souvent les débutants. Si vous comptez modifier le site vous-même, demandez une démonstration avant de vous engager. Notez les tâches que vous ferez vraiment : changer un horaire, ajouter une actualité, remplacer une photo.

Mises à jour et fin de support

Un site Joomla demande le suivi de tout CMS installé chez un hébergeur : le cœur du logiciel, le template et chaque extension reçoivent des mises à jour, à appliquer après une sauvegarde. Chaque version majeure de Joomla n'est suivie que pendant une durée limitée, dont le calendrier figure sur joomla.org. Joomla 3, par exemple, a atteint sa fin de vie en 2023 : le projet n'en publie plus de correctifs.

Les templates et les extensions payants exigent souvent une licence en cours pour recevoir leurs mises à jour. Notez à quel nom chaque licence a été achetée et à quelle date elle expire.

Un site resté sur une version abandonnée n'est plus protégé en cas de faille, et c'est le premier risque à écarter. L'hébergeur ajoute une contrainte : il retire peu à peu les anciennes versions de PHP, le langage sur lequel tourne le site. Un vieux Joomla ne fonctionne pas toujours avec les versions récentes, et le site peut cesser de s'afficher le jour où le serveur est mis à jour.

Demandez donc qui assure cet entretien, à quel rythme, et ce qui se passe en cas de panne.

Garder, migrer ou repartir de zéro

La bonne décision dépend de ce que le site fait pour vous. Trois cas se rencontrent :

  • La version est suivie et quelqu'un met le site à jour. Gardez-le : Joomla est moins à la mode que WordPress, ce qui ne justifie pas de payer pour en changer.
  • La version est abandonnée, ou personne ne s'en occupe. Préparez une mise à niveau ou une migration avant qu'une panne ne vous y oblige. Une mise à niveau suppose que le template et chaque extension existent dans une version compatible, et un essai sur une copie du site évite les mauvaises surprises.
  • Vous partez de zéro avec un site vitrine. Pour un restaurant, une boutique ou un artisan, Joomla n'offre pas d'avantage décisif. Il devient pertinent si le site doit parler plusieurs langues, ouvrir des espaces réservés ou ranger des centaines de pages, et si un prestataire le maîtrise.

Changer d'outil s'organise. Des outils d'import déplacent les articles d'un CMS à l'autre, mais le résultat demande presque toujours un nettoyage de la mise en page, des images et des liens. Conservez les adresses des pages qui attirent des visites, ou redirigez-les, selon la méthode de l'article sur la refonte sans perte de référencement.

Par où commencer

  1. Relevez la version de Joomla affichée dans l'administration, souvent en bas de l'écran ou dans les informations système, et demandez à votre hébergeur quelle version de PHP est active.
  2. Demandez à votre prestataire qui met le site à jour, et à quel rythme. Réclamez aussi un compte administrateur à votre nom et une copie complète du site.
  3. Si une reconstruction se profile, listez vos besoins réels : langues, espaces réservés, nombre de pages. Chez nous, un site de cinq pages coûte 950 € HT, et le configurateur de devis donne le total avec vos options.