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Hreflang : relier correctement les versions d'un site bilingue

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Une chambre d'hôtes propose son site en français et en anglais, et pourtant un voyageur britannique qui cherche « bed and breakfast » arrive sur la page française, tandis qu'un client français tombe parfois sur la page anglaise. Le hreflang sert à éviter ce croisement : c'est l'indication qui relie entre elles les versions d'une même page. Bien posé, il tient en quelques lignes ; mal posé, il est ignoré.

Ce que fait le hreflang, et ce qu'il laisse de côté

Le hreflang est une indication placée dans le code d'une page : « cette page existe aussi en anglais à telle adresse, en français à telle autre ». Google s'en sert pour afficher, dans ses résultats, la version qui correspond à la langue et au pays de la personne qui cherche. Le moteur traite cette indication comme un signal : il peut l'écarter si elle est incohérente.

Ses limites se résument ainsi :

  • il ne traduit rien : les pages de chaque langue doivent exister, avec un texte réellement traduit ;
  • il ne fait pas monter une page dans les résultats ;
  • il ne redirige personne : le visiteur qui arrive sur la mauvaise version y reste, d'où l'intérêt d'un sélecteur de langue visible ;
  • il n'est pas nécessaire pour que Google reconnaisse la langue d'une page, qu'il déduit de son contenu.

Quand vous en avez besoin

Le hreflang devient utile dès que des pages équivalentes existent dans plusieurs langues, ou pour plusieurs pays, chacune à sa propre adresse : un site en français et en anglais, ou une version pour la France et une autre pour la Belgique. Un site rédigé uniquement en français n'en a aucun besoin.

Les variantes régionales se justifient quand le contenu diffère vraiment : des prix dans une autre monnaie, d'autres moyens de paiement, d'autres délais de livraison. Une simple différence d'expressions entre deux pays francophones n'en demande pas.

Si votre version anglaise ne compte que cinq pages, annoncez seulement ces cinq pages : le hreflang relie des pages qui se correspondent, et une page sans équivalent n'en reçoit pas. L'article sur la traduction d'un site explique comment choisir les pages à traduire, et celui sur la version anglaise du site d'un restaurant détaille un cas concret.

Comment il s'écrit, sans jargon

Le hreflang se pose page par page : chaque page déclare la liste complète de ses versions, la sienne comprise. Pour une page d'accueil bilingue, la liste indique : version française à telle adresse, version anglaise à telle autre, et éventuellement une version « par défaut » pour les visiteurs dont la langue n'est prévue nulle part. Trois règles de forme suffisent :

  • le code de langue : « fr » pour le français, « en » pour l'anglais, éventuellement suivi d'un code de pays pour distinguer des variantes, comme « fr-BE » pour la Belgique ou « en-GB » pour le Royaume-Uni ;
  • l'adresse complète : https, nom de domaine et chemin entiers, écrits exactement comme l'adresse réelle de la page ;
  • la valeur « x-default » : elle désigne la page proposée par défaut, souvent la version principale ou une page de choix de la langue.

Ces lignes se placent dans l'en-tête de chaque page, dans le plan du site (le sitemap) ou dans les en-têtes envoyés par le serveur. Une seule méthode suffit : choisissez la plus simple à entretenir. Un petit site retient souvent l'en-tête de page, ou le sitemap quand son outil le génère.

Les erreurs fréquentes

  • Pas de lien retour : la page anglaise doit renvoyer vers la française, comme la française vers l'anglaise. Sans réciprocité, Google ignore l'indication.
  • Une page absente de sa propre liste : chaque version se cite elle-même.
  • Un mauvais code : le code du Royaume-Uni est « GB », donc « en-GB » ; « en-UK » est une erreur courante.
  • Des adresses qui redirigent ou renvoient une erreur : les adresses citées doivent ouvrir directement la bonne page, sans consigne « noindex ».
  • Une balise canonical contradictoire : cette balise désigne l'adresse à retenir pour un contenu ; si la page anglaise désigne la page française, Google retient la française et laisse l'anglaise de côté.
  • Des pages qui ne se correspondent pas : relier toutes les pages anglaises à la seule page d'accueil française fausse la liste.

Poser et vérifier le hreflang

Sur WordPress, les extensions de traduction multilingue ajoutent en général ces lignes toutes seules, comme certains créateurs de site qui gèrent plusieurs langues. Cherchez dans leurs réglages une option liée à la langue ou aux balises hreflang, puis contrôlez le résultat : l'affichage du code source de la page, dans le menu du navigateur, permet de rechercher le mot « hreflang » et de lire les lignes. Sur un site fait sur mesure, demandez-les à la personne qui l'entretient.

La Search Console n'a plus de rapport consacré au hreflang : l'ancien rapport de ciblage international a disparu en 2022. Servez-vous de l'inspection d'URL de la Search Console pour vérifier que chaque version est indexée, puis du rapport de performances pour voir, page par page et pays par pays, où vos pages françaises et anglaises reçoivent leurs visites. Des vérificateurs en ligne contrôlent aussi la réciprocité des liens entre versions.

En pratique, dans cet ordre

  1. Listez les pages qui existent dans les deux langues, avec leurs adresses exactes.
  2. Examinez le code source de deux pages : chaque version doit se citer elle-même et citer l'autre.
  3. Inspectez dans la Search Console une page de chaque langue, puis ajoutez ce contrôle à votre routine trimestrielle. Si vous faites créer un site bilingue, demandez que les adresses distinctes et le hreflang soient prévus dès le départ : la version anglaise est proposée en option à 200 € HT dans nos tarifs.