Nom commercial, enseigne, dénomination : bien s'y retrouver
Une cliente achète un coffret chez « La Cave du Port », puis découvre sur son relevé bancaire le nom d'une société qu'elle ne connaît pas. Elle s'inquiète, appelle sa banque, et vous passez une heure à expliquer que cette société exploite votre boutique. Dénomination sociale, nom commercial et enseigne désignent trois choses différentes, et chacune a sa place.
Trois noms, trois rôles
- La dénomination sociale est le nom officiel d'une société, comme une SARL ou une SAS. Choisie dans les statuts, elle identifie l'entreprise auprès de l'administration, des banques et des tribunaux.
- Le nom commercial est celui sous lequel vous exercez auprès de vos clients. Facultatif, il peut différer de la dénomination : une société nommée « MLD Négoce » peut exploiter une cave sous le nom « La Cave du Port ».
- L'enseigne est le signe qui identifie un local : le nom inscrit sur la devanture, le panneau ou la vitrine. Elle reprend souvent le nom commercial, et une entreprise qui possède plusieurs boutiques peut leur donner des enseignes différentes.
L'entrepreneur individuel, micro-entrepreneur compris, n'a pas de dénomination sociale. Il exerce sous son nom, accompagné de la mention « EI » ou « entrepreneur individuel » sur ses documents professionnels, et peut y ajouter un nom commercial, comme « Atelier Bois Clair » pour un menuisier.
Une même société peut ainsi porter une dénomination, exploiter deux boutiques sous deux enseignes et vendre en ligne sous un troisième nom. Rien ne l'interdit, mais chaque nom supplémentaire doit être tenu à jour partout où il apparaît, et vos clients doivent pouvoir passer de l'un à l'autre sans se croire chez un concurrent.
Où chaque nom doit apparaître
Factures, devis et mentions légales
Sur vos factures et vos devis, l'identité légale est obligatoire : dénomination sociale, ou nom de l'entrepreneur suivi de la mention « EI », numéro SIREN et les autres mentions listées par service-public.fr. Le nom commercial peut s'y ajouter en tête, pour que le client reconnaisse tout de suite l'émetteur. Même logique pour les mentions légales du site : l'éditeur y figure sous son nom officiel, suivi du nom commercial si vous en utilisez un, comme le rappelle l'article sur les mentions légales d'un auto-entrepreneur.
Devanture, site et supports
Pour tout ce que voit le client, utilisez le nom qu'il connaît : enseigne, logo, titre du site, cartes de visite, sacs, véhicule. Le titre de votre page d'accueil dans Google reprend ainsi le nom commercial et votre activité, plutôt que la forme juridique. Pensez aussi au libellé de paiement, le nom qui s'affiche sur le relevé bancaire de vos clients : beaucoup de prestataires de paiement permettent de le régler sur votre nom commercial.
Fiche Google et annuaires
Google demande que le nom de la fiche corresponde au nom réel de l'établissement, tel qu'il figure sur la devanture, le site et les documents, et tel que les clients le connaissent. C'est donc l'enseigne ou le nom commercial qui s'y affiche, sans mot-clé ajouté. Le même nom, écrit à l'identique, se retrouve ensuite dans les annuaires, sur Plans d'Apple, sur Bing Places et sur vos réseaux sociaux. Si vous tenez deux boutiques sous deux enseignes, chacune a sa propre fiche, avec son nom, son adresse et son téléphone.
Un seul nom pour vos clients, écrit partout de la même façon
Les moteurs de recherche recoupent les mentions de votre entreprise sur le web : nom, adresse, téléphone. Des variantes sèment le doute, chez Google comme chez vos clients, et favorisent parfois l'apparition de fiches en double. Les écarts qui reviennent souvent :
- la dénomination sociale dans un annuaire, l'enseigne sur la fiche Google et un troisième nom sur Facebook ;
- des graphies qui varient : avec ou sans article, avec ou sans accent, « et » ou « & » ;
- un ancien nom commercial resté sur des plateformes oubliées après un changement ;
- un nom de domaine qui ne ressemble à aucun des noms affichés.
Choisissez une graphie de référence et notez-la, avec l'adresse et le téléphone, dans un document que vous transmettez à chaque prestataire. La méthode pour retrouver et corriger les mentions dispersées figure dans l'article sur les annuaires et citations locales.
Déclarer, protéger, modifier
Le nom commercial et l'enseigne se déclarent lors de l'immatriculation, ou plus tard par une formalité de modification, sur le guichet unique des formalités d'entreprises géré par l'INPI. Une fois déclarés, ils figurent dans les registres officiels et, en général, dans l'annuaire des entreprises de l'administration. Un client qui vérifie votre société y retrouve le lien entre votre nom officiel et celui de votre boutique. Un changement de nom commercial se déclare de la même façon, puis se répercute partout où l'ancien nom apparaît : devanture, site, fiche Google, annuaires, documents commerciaux.
Déclarer un nom commercial ne revient pas à le protéger comme une marque. Le dépôt de marque est une démarche distincte, auprès de l'INPI, qui protège un nom pour des produits et services précis ; les vérifications à faire avant d'adopter un nom sont détaillées dans l'article pour trouver un nom d'entreprise. Pour l'enseigne elle-même, renseignez-vous auprès de votre mairie : selon la commune et son règlement local de publicité, sa pose peut demander une autorisation.
Remettre de l'ordre dans vos noms
- Comparez votre extrait d'immatriculation avec votre devanture, votre site et votre fiche Google : les noms affichés doivent pouvoir se relier entre eux.
- Si votre nom commercial n'a jamais été déclaré, faites la démarche sur le guichet unique, en vous aidant des fiches de service-public.fr.
- Fixez une graphie de référence et corrigez les annuaires et les réseaux qui s'en écartent.
- Si un nouveau nom appelle un nouveau logo et un site à jour, le configurateur de devis chiffre l'ensemble.