Trouver un nom de restaurant qui se retient et qui soit disponible
Vous avez la cuisine, le local et peut-être déjà la couleur des murs, mais il manque encore le nom de restaurant qui ira sur la façade. Ce nom sera prononcé au téléphone, tapé dans Google, peint sur l'enseigne et imprimé sur chaque carte. Mieux vaut le choisir avec méthode, et vérifier qu'il est libre avant de dépenser le moindre euro en impression.
Ce qu'un bon nom doit supporter
Un nom se juge à l'usage. Imaginez un client qui le recommande à un collègue, à voix haute, dans une rue bruyante : le collègue doit pouvoir le retenir, puis le retrouver sur son téléphone sans l'épeler trois fois. Avant de vous attacher à une idée, passez-la au crible de quelques questions :
- Se dit-il sans hésitation, y compris par quelqu'un qui le lit pour la première fois ?
- S'écrit-il comme il se prononce, sans lettre muette, sans accent piège ni mot étranger difficile à orthographier ?
- Reste-t-il court, deux ou trois mots au plus, pour tenir sur une enseigne et dans une adresse web ?
- Donne-t-il une idée de ce qu'on mange ou de l'endroit, ou au moins de l'ambiance ?
Un jeu de mots peut plaire, à condition d'être compris sans explication. Un nom amusant à l'écrit mais confus à l'oral vous obligera à l'épeler à chaque réservation.
Évoquer la cuisine ou le lieu sans tomber dans le générique
Les noms qui fonctionnent racontent souvent quelque chose : un produit, une région, une rue, un souvenir de famille. Un nom comme « La Table du Port » situe l'adresse, un nom de plat annonce la cuisine. Le passant qui découvre votre enseigne comprend en un regard s'il trouvera une cuisine de bistrot, des pâtes fraîches ou des grillades.
Le revers, c'est le nom trop vague. « Le Bistrot » ou « Chez nous » se retiennent facilement, mais ils se confondent avec des dizaines d'autres adresses, et Google a du mal à vous distinguer. Gardez dans votre nom une part qui n'appartient qu'à vous : un lieu précis, un prénom, un mot inattendu.
Le test du voisinage
Regardez aussi autour de vous. Un nom trop proche de celui d'un restaurant du quartier crée la confusion : des clients laisseront leur avis sur la mauvaise fiche ou appelleront le mauvais numéro, et votre voisin pourrait vous reprocher de profiter de sa réputation. Une lettre ou un article de différence ne suffit pas à éviter ces malentendus.
L'épreuve des supports : enseigne, carte et écran
Votre nom va vivre sur des supports très différents. Sur la façade, il doit se lire depuis le trottoir d'en face ; sur la carte, il partage la page avec les plats ; sur un téléphone, il apparaît en petit dans Google Maps, parfois coupé s'il est long. Écrivez-le en grand sur une feuille, regardez-la à quelques mètres, puis tapez-le dans la barre de recherche de votre téléphone pour voir comment il s'affiche.
Pensez aussi à l'adresse web et aux noms de compte. Un nom de quatre mots donne une adresse interminable, et les apostrophes, les accents ou les tirets compliquent la saisie. Vous pouvez simplifier l'adresse, par exemple en retirant l'article, tant que le lien avec l'enseigne reste évident. Le logo viendra ensuite, et un nom court laisse plus de liberté au graphiste, comme le montre l'article sur le logo de restaurant.
Vérifier la disponibilité avant toute impression
Un nom peut séduire toute l'équipe et pourtant ne pas être libre. Avant de commander l'enseigne, les cartes ou les tabliers brodés, faites ces vérifications dans l'ordre et gardez une capture datée de ce que vous trouvez :
- La base des marques de l'INPI, l'Institut national de la propriété industrielle, consultable gratuitement sur data.inpi.fr : cherchez votre nom et ses variantes proches, en regardant notamment les marques qui visent la restauration.
- Google Maps : tapez le nom suivi de votre ville, puis des communes voisines, pour repérer un établissement qui le porte déjà.
- Le nom de domaine, en .fr et en .com, sur le site d'un bureau d'enregistrement.
- Les noms de compte Instagram et Facebook, en testant aussi les variantes avec le nom de la ville.
Une marque proche trouvée dans la base ne signifie pas forcément que le nom vous est interdit, et une recherche sans résultat ne garantit pas non plus qu'il est libre : l'interprétation de ces données relève du conseil juridique. En cas de doute, renseignez-vous auprès de l'INPI ou d'un avocat spécialisé en propriété intellectuelle.
Protéger le nom une fois choisi
Dès que le nom est arrêté, réservez le domaine et les comptes, même si le site n'existe pas encore. Vous pouvez aussi déposer ce nom comme marque auprès de l'INPI, qui décrit la démarche sur son site ; un professionnel vous aidera à définir ce que le dépôt doit couvrir. Les autres préparatifs sont détaillés dans l'article sur l'ouverture d'un restaurant, et le choix de l'extension dans celui consacré au nom de domaine et à l'hébergement.
Faire tester les finalistes
Gardez deux ou trois noms et soumettez-les à des personnes qui ne connaissent pas le projet. Prononcez chaque nom sans le montrer, puis demandez-leur de le taper sur leur téléphone : les fautes d'orthographe révèlent les pièges. Demandez aussi ce que le nom leur évoque comme cuisine, comme gamme de prix et comme ambiance. Si la plupart imaginent une pizzeria alors que vous ouvrez une table bistronomique, le nom raconte une autre histoire que la vôtre.
Faites le test du téléphone : appelez un proche et décrochez comme vous le ferez au service, par exemple « Le Comptoir des Halles, bonjour ». S'il vous fait répéter ou vous demande d'épeler, vos clients buteront au même endroit.
Avant de commander l'enseigne
- Listez vos idées et écartez celles qui échouent au test de la prononciation et de l'orthographe.
- Vérifiez les finalistes sur data.inpi.fr, sur Google Maps, auprès d'un bureau d'enregistrement et sur les réseaux sociaux.
- Réservez sans attendre le domaine et les comptes du nom retenu.
- Pensez ensuite au logo et au site : la création d'un logo et d'une identité visuelle coûte 200 € HT chez nous, et le configurateur de devis l'ajoute au prix du site.