Deux activités : un seul site ou deux sites distincts
Une boulangerie qui prépare aussi des buffets, un garage qui vend des voitures d'occasion, une coach qui anime des formations en entreprise : chacun vit de deux métiers et finit par se demander s'il lui faut un site ou deux. Un site internet pour plusieurs activités fonctionne très bien quand chaque métier y trouve sa place, mais deux sites distincts servent parfois mieux vos clients. Tout dépend de qui vous cherche, où, et avec quels mots.
Partir de ceux qui vous cherchent
Avant de dessiner le moindre menu, mettez-vous à la place de vos clients. Quatre questions aident à y voir clair :
- vos deux clientèles sont-elles les mêmes personnes, ou des publics qui ne se croisent presque jamais ?
- les deux activités s'exercent-elles dans la même ville, ou dans des secteurs éloignés ?
- portent-elles le même nom, ou chacune a-t-elle déjà sa propre enseigne ?
- le ton qui rassure les clients de l'une conviendrait-il aussi aux clients de l'autre ?
Plus les réponses se ressemblent, plus le site unique s'impose. La boulangère qui fait traiteur sert les mêmes familles, dans le même quartier, sous le même nom. La coach qui forme des salariés s'adresse au contraire à des responsables des ressources humaines, qui attendent un autre discours et d'autres preuves que ses clients particuliers.
Un site unique, une rubrique par métier
Ce que vous y gagnez
Un seul site, c'est un seul nom de domaine, un seul hébergement et un seul outil à tenir à jour. Les avis, les liens obtenus et les visites profitent à l'ensemble au lieu de se partager entre deux adresses. Le client venu chercher vos horaires découvre aussi, au détour d'une page, que vous préparez des plateaux pour les fêtes de famille ou que vous reprenez son ancienne voiture.
Donner à chaque activité sa porte d'entrée
Le danger d'un site unique, c'est la page d'accueil qui parle de tout et ne convainc personne. Quelques règles l'évitent :
- sur la page d'accueil, deux entrées bien visibles, côte à côte, chacune avec une photo et une phrase ;
- dans le menu, des intitulés qui reprennent les mots des clients, comme « Traiteur » ou « Véhicules d'occasion » ;
- pour chaque activité, ses propres pages, avec ses prix, ses photos et son formulaire : le traiteur demande la date et le nombre de convives, la boutique affiche ses horaires ;
- des titres de page qui associent chaque métier à votre ville.
La méthode pour répartir les pages avant d'écrire est détaillée dans l'article sur l'arborescence d'un site internet.
Les cas où deux sites valent mieux
Deux sites se justifient quand les deux activités ont peu en commun du point de vue du client. Trois situations s'y prêtent :
- des clientèles qui ne se croisent pas : des entreprises d'un côté, des particuliers de l'autre, avec des attentes, des prix et un vocabulaire différents ;
- des villes éloignées : un atelier dans un bourg et une boutique à une heure de route, chacun avec sa clientèle locale ;
- deux enseignes distinctes : chaque activité a déjà son nom, son logo et sa réputation, que vous voulez garder séparés, par exemple parce que vous pourriez céder l'une d'elles un jour.
Même avec deux villes, un site unique comportant une page solide par adresse reste souvent possible, comme l'explique l'article sur la visibilité dans plusieurs villes.
Deux sites ont aussi leurs contraintes : deux jeux de textes à écrire, deux sites à mettre à jour, deux pages de mentions légales qui identifient la même entreprise. Évitez de recopier les mêmes paragraphes d'un site à l'autre. Reliez-les enfin par un lien discret en pied de page, pour le client qui s'intéresse aux deux.
La fiche Google et le nom de domaine
Une fiche par établissement
Google prévoit en principe une fiche par entreprise et par adresse qui reçoit des clients. Une activité secondaire exercée au même endroit s'indique le plus souvent par une catégorie supplémentaire sur la même fiche : boulangerie en catégorie principale, traiteur en catégorie secondaire, par exemple. Les catégories et les autres rubriques sont passées en revue dans l'article sur les réglages de Google Business Profile.
Une seconde fiche à la même adresse n'est admise que dans des cas précis, décrits dans les consignes de Google sur la représentation des établissements. Lisez-les avant d'en créer une : une fiche qui ne les respecte pas peut être suspendue. Si chaque activité dispose de son propre local ouvert au public, chacune a en revanche sa fiche.
Un ou deux noms de domaine
Avec un site unique, chaque activité vit dans sa rubrique, à une adresse du type votre-boulangerie.fr/traiteur, et profite de la notoriété déjà acquise par le site. Vous pouvez aussi réserver un second domaine au nom de l'activité secondaire et le rediriger vers sa rubrique : il servira sur un flyer ou sur le flanc d'un utilitaire. Avec deux sites, enregistrez chaque domaine au nom de votre entreprise plutôt qu'à celui d'un prestataire.
Le budget des deux options
À la création, l'écart vient surtout du nombre de sites. Chez nous, un site de cinq pages coûte 950 € HT et chaque page supplémentaire 60 € HT : ajouter trois pages pour une seconde activité revient donc à 180 € HT. Deux sites distincts représentent deux créations, par exemple un site de cinq pages et un site d'une page à 600 € HT, soit 1 550 € HT, puis deux domaines et deux hébergements à renouveler chaque année. Le détail de nos formules figure sur la page des tarifs.
Le coût le plus lourd reste le temps. Un site qu'on oublie finit par afficher des horaires faux ou des actualités vieilles de deux ans, et le risque double avec deux sites.
Pour trancher cette semaine
- Notez trois recherches qu'un client taperait sur Google pour chaque activité, et demandez-vous si ce sont les mêmes personnes qui les font.
- Vérifiez que la seconde activité figure dans les catégories de votre fiche Google et qu'elle a au moins une page à elle sur votre site.
- Si vous penchez pour deux sites, vérifiez la disponibilité des deux noms de domaine et estimez le temps que vous consacrerez chaque mois à chacun.